Samedi 22 février 2025.
Briser les liens qui nous rendent esclaves.
La parasha Michpatim vient juste après la révélation du mont Sinaï. Elle contient des lois détaillées sur la justice, la responsabilité et les relations humaines. Dès les premiers versets, la Torah parle des esclaves hébreux, mais au-delà du sens littéral, ces esclaves représentent aussi l’état spirituel de l’homme : enchaîné à ses désirs et à une trame ancestrale qui continue de se perpétuer.
L’esclavage ne se limite pas aux chaînes visibles. Il existe un esclavage plus profond, plus insidieux. Dans la parasha Michpatim, Dieu donne à Israël des lois qui régissent les relations humaines d’une manière cachée. Cette parasha aborde notamment les lois sur les esclaves hébreux, puis elle décrit les trois fêtes bibliques : Pessa’h, Shavouot et Souccot. Elle se conclut par une vision mystérieuse : les anciens d’Israël contemplèrent la divinité sous leurs pieds, semblable à un saphir brillant et limpide comme le ciel. Moïse, quant à lui, fut enveloppé dans le nuage divin et s’éleva sur la montagne pendant quarante jours et quarante nuits.
Les liens d’âmes : une réalité spirituelle.
La vie est un ouvrage en cours, et c’est à nous d’y broder les motifs de notre destinée. Nos relations humaines et nos rencontres tissent notre parcours de vie. Ce sujet nous interroge sur ces relations et sur la façon dont elles influencent notre chemin spirituel.
Les esclaves mentionnés dans la Torah nous renvoient à des liens d’âme, des connexions profondes qui transcendent le simple cadre physique et émotionnel. Il existe deux types de liens d’âme :
- Liens d’âme hérités: Ils sont liés à nos ancêtres et se manifestent par des problèmes qui se répètent de génération en génération. Ces schémas ancestraux peuvent être comparés à des esclaves qui n’ont jamais été libérés.
- Les liens d’âme créés par nos rencontres: Certaines personnes croisent notre chemin avec un but précis. Ces connexions influencent notre évolution spirituelle et personnelle.
- Une âme sœur, par exemple, n’est pas forcément un conjoint mais peut être un compagnon de route spirituel qui nous aide à grandir.
Les liens ancestraux qui nous poursuivent.
Nos vies sont souvent influencées par des liens invisibles qui traversent les générations. Ces liens ancestraux sont comme des files tissés dans le tissu de notre existence, portant en eux les expériences, les choix et parfois les fardeaux de nos prédécesseurs.
Il arrive que certains schémas se répètent au sein des familles : des conflits non résolus, des souffrances qui semblent se transmettre sans raison apparente, des bénédictions ou des malédictions qui influencent nos parcours. Ces liens hérités peuvent agir comme des chaînes invisibles, maintenant une personne prisonnière d’une destinée qui ne lui appartient pas totalement.
Pourtant, la Torah nous enseigne que chaque génération a la capacité de rompre ces cycles et d’amener une restauration. Par la lumière de Yeshoua, nous pouvons discerner ces héritages invisibles, les confronter et choisir la liberté. Il ne s’agit pas d’effacer le passé, mais de le comprendre pour le transcender, afin de ne plus être esclaves d’un héritage spirituel pesant, mais de devenir les artisans d’un renouveau aligné avec la volonté divine.
Les liens que nous créons par nos rencontres.
Ces liens peuvent être positifs ou difficiles selon les leçons de vie qu’ils portent. Certains nous élèvent et nous apportent de l’harmonie, tandis que d’autres, plus toxiques, nous poussent à nous confronter à nos propres blessures. Pour discerner un bon lien d’âme d’un mauvais, il faut se demander : cette relation me fait-elle grandir ou me détruit-elle ?
Une libération progressive.
Certains attachements invisibles peuvent être défaits par une prise de conscience et un travail spirituel. C’est ici que la lumière de Yeshoua joue un rôle fondamental. Son enseignement nous aide à distinguer ce qui est véritablement porteur de vie de ce qui nous asservit.
Nos relations avec Dieu et avec les autres reflètent notre propre état d’âme. Certains schémas familiaux ou héréditaires nous enferment dans des croyances limitantes, mais Dieu nous offre des opportunités de rencontres destinées à nous aider à en sortir. Ces personnes, que nous appelons liens d’âme, peuvent agir comme des guides spirituels et nous orienter vers la vérité.
La signification du nombre 40.
La parasha nous parle des 40 jours et 40 nuits de Moïse sur le mont Sinaï. En guematria, le nombre 40 représente une gestation, un passage d’un état à un autre. Il symbolise une transformation spirituelle et une purification :
- Moïse : 40 jours sur le mont Sinaï pour recevoir la Torah.
- Yeshoua : 40 jours de jeûne et de tentation dans le désert avant son ministère.
- Le déluge : 40 jours et 40 nuits de pluie pour purifier la Terre.
- Les Israélites : 40 ans dans le désert avant d’entrer en Terre promise.
Le nombre 40 symbolise le temps nécessaire pour briser les anciennes chaînes et renaître. C’est un passage, une métamorphose qui libère l’homme de son esclavage, tant physique que spirituel.
Les fêtes bibliques et la liberté spirituelle.
Le cycle des fêtes bibliques suit ce chemin de libération intérieure :
- Pessah: La sortie de l’esclavage.
- Shavouot: La transformation de l’âme, lorsque la Torah nous libère de nos dépendance.
- Souccot: L’abandon de tout esclavage, le retour à la dépendance uniquement à Dieu.
Ces fêtes nous rappellent que la liberté véritable ne se trouve pas seulement dans le rejet de l’oppression, mais dans l’alignement avec la volonté divine. Nous avons le pouvoir de nous détacher de ce qui nous enchaîne.
Nous sommes parfois influencés par des forces qui cherchent à nous maintenir dans l’ignorance. Pourtant, Dieu place sur notre chemin des personnes qui nous aident à discerner la vérité et à nous libérer.
Sachons reconnaître ceux que Dieu envoie pour notre bien et rejeter ceux qui cherchent à nous détourner de la vérité. Une âme se reconnaît à ce qui la lie à Israël, et une âme juive de cœur pleure avec ceux qui pleurent.
Notre âme doit refléter Yeshoua dans toute sa splendeur afin d’aider les autres à se libérer de toute forme d’esclavage et être, à notre tour, le reflet de Dieu.
Shabbat shalom
L . B
Lecture de la parasha: Exode: Chapitre 21 Verset 1 à chapitre 24 verset 18.
Lecture de la haftarah: Jérémie: Chapitre 34 verset 8 à 22 et
33: 25,26.
Lecture messianique: Mathieu 5:38, 15,1-20, Marc 7:1-23, Actes 23:1-11, Hébreux 9:15-22 ; 10:28-39