Parasha Chemot 2026


Né pour la lumière.

La parasha Chemot raconte le début des Hébreux dans l’esclavage, l’intensification de l’oppression, le décret de mort sur les garçons, puis la naissance de Moïse, sauvé des eaux et élevé au cœur même de la maison de Pharaon. Devenu adulte, il voit l’injustice, fuit au désert, et c’est là que Dieu l’appelle dans le buisson ardent. Dieu lui révèle Son Nom, lui confie une mission impossible, et Moïse revient en Égypte. Mais au début, tout s’aggrave : Pharaon durcit, la souffrance augmente, et le peuple crie. La parasha se termine sur une tension : l’obéissance a commencé… et pourtant l’Égypte résiste plus fort.

Chemot, c’est l’histoire de Dieu qui appelle un humain par son nom, non pas pour lui donner une “religion”, mais pour lui confier une mission. Et si on lit cette parasha comme pour nous, alors le texte devient comme une lettre personnelle : “Tu n’es pas né par hasard. Tu as été préservé pour une raison. Et même si tu ne te rappelles pas précisément d’où tu viens, tu peux te rappeler pourquoi tu es là.” Et comme le dit Yeshoua : « Il appelle par leur nom… » (Jean 10:3).

Parce que l’Égypte, dans Chemot, ne représente pas seulement un pays : elle représente notre environnement personnel, ce système autour de nous, parfois même très proche, qui veut nous faire croire que la vie se résume à survivre, à porter des charges, à se taire, à s’habituer, à devenir “comme tout le monde”. 

L’Égypte, c’est la fausseté du monde, l’emprisonnement de la pensée, faire et suivre ce qu’on nous dit de faire : depuis l’élite des pyramides politico-maçonne, des degrés les plus élevés, se dissimule une hiérarchie luciférienne qui est missionnée de diriger les gens en les laissant endormis dans une vision de la vie très peu évolutive, dans une espèce d’esclavage semi-conscient.

Mais l’Écriture nous rappelle : « La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue. » (Jean 1:5). Autrement dit : même si l’environnement est lourd, la lumière n’est pas annulée. Elle insiste. Elle demeure. Elle essaie de percer le cœur des appelés de Dieu.

Et c’est là que le texte devient puissant : nous portons “Son Nom”, non pas comme une étiquette, mais comme une empreinte. Comme si Dieu avait déposé, dans certains, une étincelle particulière, un feu discret, destiné à se lever dans une lignée, dans une maison, dans un environnement. Parfois, on est le premier à dire “non” à la répétition du mal. À stopper la malédiction. Parfois, on est la continuité d’un parent fidèle qui a tenu malgré tout. Mais dans les deux cas, le message dit la même chose : Dieu n’allume pas un feu pour qu’il reste caché. Il l’allume pour éclairer quelque part, précisément là où la nuit a duré trop longtemps.

Et le Nouveau Testament le dit sans détour : « Vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, afin d’annoncer les vertus de Celui qui vous a appelés des ténèbres à Son admirable lumière. » (1 Pierre 2:9).

Et c’est ici que la parasha  devient presque dérangeante… parce qu’elle nous force à relire notre vécu. Tout ce que nous avons traversé, tout ce qui a pesé, tout ce qui a blessé notre âme, tout ce qui nous a fait sentir “différents”, “à part”, “en décalage”… peut être lu comme un simple hasard. Mais la bible propose une autre lecture : et si ce chemin n’était pas un accident ? Et si ce que tu as vécu n’était pas seulement une suite d’événements, mais un chemin ? Une issue qui mène vers une mission ? « Nous sommes Son ouvrage, créés… pour de bonnes œuvres, que Dieu a préparées d’avance, afin que nous les pratiquions. » (Éphésiens 2:10).

Parce que Dieu ne se contente pas de “sortir” Moïse d’Égypte. Il fait quelque chose de plus profond : Il allume en lui le buisson ardent. Il réveille l’âme. Il reconnecte l’humain à la Présence de Dieu. Le buisson ardent n’est pas seulement une scène spectaculaire : c’est une révélation intérieure. C’est Dieu qui vient poser un feu en toi, un feu qui ne te détruit pas, un feu qui ne te consume pas, un feu qui te rend vivant. Et là, le Nouveau Testament dit quelque chose de très simple et très fort : « Dieu… a fait briller la lumière dans nos cœurs. » 

(2 Corinthiens 4:6). Ce feu-là, cette lumière-là, n’est pas une idée : c’est une Visitation.

Alors oui, on comprend aussi pourquoi parfois on ne se sent pas bien au milieu de certaines personnes, de certaines ambiances, de certains cercles : ce n’est pas forcément de l’orgueil, ce n’est pas forcément un jugement… c’est parfois simplement une incompatibilité de nature. Quand la lumière s’allume, certaines ténèbres deviennent irrespirables.

Et la parasha vient te rassurer : ce décalage n’est pas une impression que tu ressens, c’est un signe. Pas un signe pour te rendre supérieur. Un signe pour te rappeler : tu n’es pas appelé à te fondre dans la foule, à leur ressembler, mais tu es appelé à éclairer. Et Yeshoua le dit : « Je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. » (Jean 8:12).

Et c’est ici que l’histoire de Moïse devient prophétique. Moïse traverse le Nil et il est retrouvé vivant là où, logiquement, il n’aurait pas dû l’être. Le Nil, pour les Égyptiens, c’est un lieu de justice de Dieu. Quand Pharaon décide de tuer tous les petits garçons, c’était pour avoir la preuve que le Dieu des Hébreux était un Dieu plus puissant que son Lucifer, et c’est pourquoi Moïse a survécu dans ce Nil et qu’il fut adopté, car en lui ils ont vu le miraculé, celui qui survit dans ce shéol.

Dans le texte, le survivant n’est pas seulement celui qui “échappe”, c’est celui qui est préservé. Et quand Dieu préserve, ce n’est pas pour rien : c’est pour envoyer.

 On peut le dire ainsi : si Moïse a été trouvé vivant au cœur de l’épreuve, alors sa vie devient un signe, un signe que l’appel était plus fort que la mort. Et c’est exactement ce que beaucoup d’entre nous doivent entendre : si Dieu t’a gardé en vie, ce n’est pas seulement pour que tu existes, mais pour que tu deviennes une bénédiction dans un lieu précis. Ton histoire a été écrite précisément pour que tu empreintes le chemin qui te fasse comprendre ta mission.

Alors la souffrance encourue peut être lue autrement : pas comme une fatalité, mais comme la preuve que la mission est réelle.

Moïse naît au pire moment, au moment où une malédiction s’organise contre les garçons. Et pourtant il survit. Et ça devient une loi spirituelle : l’oppression se lève souvent là où une délivrance doit naître. Le système des ténèbres attaque ce qui menace son règne. Et si tu as été attaqué, secoué, incompris, pressé, c’est peut-être parce que tu portes quelque chose qui doit s’allumer. Et c’est là que résonne une exhortation simple : « Ravive le don de Dieu qui est en toi. » (2 Timothée 1:6).

Et maintenant, Chemot se scelle en Yeshoua. Moïse porte un feu, mais Yeshoua est le feu. Moïse reçoit une mission, mais Yeshoua est la mission.

Le buisson ardent annonce un feu qui brûle sans consumer : une présence qui demeure sans détruire.

 Et ce feu-là, ce feu fidèle, c’est Lui. « Je suis venu jeter un feu sur la terre… » (Luc 12:49). 

Et encore : « Notre Dieu est aussi un feu dévorant. » (Hébreux 12:29), non pas un feu qui écrase, mais un feu qui purifie, qui réveille, qui met à part.

C’est pour cela que Chemot n’est pas seulement un récit : c’est un appel. Yeshoua ne vient pas seulement informer, Il vient allumer. Il vient réveiller des vocations endormies. Il vient faire de nous des buissons ardents à notre tour : des humains habités par un feu saint, capables d’éclairer sans détruire, capables d’aimer sans se consumer, capables de porter la lumière dans un environnement où la nuit a duré trop longtemps. Parce qu’une flamme allume une autre flamme, et un buisson ardent en réveille un autre.

Parce que Dieu nous a fait sortir du pays d’Égypte pour être notre Dieu. Et notre Égypte n’est pas seulement un lieu extérieur : c’est aussi un territoire intérieur, un camp d’oppressions, de liens, de démons qui cherchent à s’installer, à nous entourer, à nous détourner de la mission de Dieu. Eux aussi ont une “mission” : éteindre la lumière, nous convaincre que nous ne sommes pas appelés, nous empêcher d’être une bénédiction là où Dieu nous a placés. Mais Dieu déclare : « Je suis l’Éternel, votre Dieu, qui vous ai fait sortir du pays d’Égypte. » Et cette sortie s’accomplit pleinement en Yeshoua, car Il est Celui qui libère réellement : « Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres. » (Jean 8:36) et « C’est pour la liberté que le Messie nous a affranchis. » (Galates 5:1). Cela veut dire une chose simple : ceux qui nous asservissaient n’ont plus l’autorité sur nous.

Ils peuvent résister, ils peuvent tenter d’intimider, mais ils n’ont plus le droit de nous voler l’appel. Car si Dieu nous fait sortir de cette Égypte, c’est pour nous détacher du monde afin que nous Le servions, Lui, par la reconnaissance de Yeshoua, l’envoyé de Dieu, pour nous ressusciter du pays des morts, en nous ramenant à la vie, celle qui offre la paix à l’âme éternellement, et c’est uniquement pour cela que nous sommes venus au monde : nous sommes nés pour la lumière.

Shabbat Shalom 

L . B

Lecture de la parasha: Exode: Chapitre 1                                                                        verset 1 à chapitre 6 verset 1.

Lecture de la haftarah: Esaïe; 27: 6 à 28:13. 29: 22,23.                                                   « S »: Jérémie: 1: 1à 2: 3.

Lecture messianique: Mathieu: 22: 23, 33.                                                                           Marc: 12: 18, 27.

Luc: 20: 27, 38. Actes: 3: 17, 36.                                                                                           Hébreux: 11: 23, 26.


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