Je suis libre !
La parasha Bo s’inscrit dans la continuité des dix plaies d’Égypte pour conduire le peuple vers une véritable liberté de pensée. Elle révèle qu’il existe une autre sortie, plus profonde et plus décisive encore : celle d’une manière de penser.
Car on peut changer de lieu, de situation, de cadre de vie, et pourtant rester intérieurement enfermé, prisonnier dans sa tête.
On peut croire, prier, avancer extérieurement dans une foi visible, tout en demeurant intérieurement bloqué, paralysé par des raisonnements répétitifs, des peurs installées, des conclusions négatives devenues normales. Le corps avance parfois, mais la pensée reste en Égypte.
Bo révèle alors une vérité dérangeante, souvent difficile à entendre : beaucoup d’épreuves que nous subissons ne sont pas toujours la volonté de Dieu, mais le résultat d’une vision faussée, d’un enfermement intérieur, d’une pensée captive, d’un système mental exploité par le mal pour empêcher l’homme de se lever et de marcher dans ce pour quoi il a été créé.
Une pensée gouvernée non par la vérité céleste, mais par des images terrestres de Dieu, réduites, limitées, parfois religieuses, mais éloignées de Sa réelle puissance. C’est à cause de l’interprétation limité de la bible que nous restons faible.
Dieu ne fait pas sortir Son peuple d’Égypte pour qu’il reste faible, dépendant, craintif ou écrasé par la vie.
Il le fait sortir pour habiter en lui.
Tant que Dieu est perçu comme extérieur, l’homme se vit petit, fragile et soumis aux circonstances. Mais lorsque Dieu demeure en l’homme, quelque chose se relève à l’intérieur : une colonne se redresse, une dignité revient, une autorité intérieure se réinstalle.
L’esclavage commence dans la pensée
Le mal n’a pas besoin de chaînes visibles pour maintenir un homme captif. Il agit plus subtilement, en installant des idées, des raisonnements et des images mentales qui deviennent des cadres intérieurs, parfois même des interdits religieux qui réduisent la force que Dieu a placée en nous.
Ces pensées ne viennent pas de Dieu, même si elles utilisent parfois un langage biblique ou spirituel. Elles viennent d’un système de domination dont le but n’est pas seulement de faire souffrir, mais surtout d’empêcher l’homme de se lever, d’avancer, de créer et de répondre à son appel.
Dans Bo, Dieu frappe l’Égypte, mais Son objectif n’est pas simplement de détruire Pharaon comme personnage historique. Il vise ce qui gouverne l’homme de l’intérieur. Il renverse une autorité mentale et brise une logique d’esclave.
L’Égypte est un système.
Pharaon est une autorité diabolique.
Mais le vrai combat n’est jamais seulement extérieur : il est contre une manière de penser apprise, intégrée, transmise. Tant que cette logique gouverne la tête, la liberté reste impossible, même si les portes sont ouvertes.
C’est pour cela que Dieu n’agit pas seulement sur les circonstances : Il attaque ce qui gouverne la pensée.
Vision terrestre, vision céleste
La Bible utilise des récits, des images et des paraboles pour nous enseigner des raisonnements de sainteté, et c’est juste. Mais ces textes ne sont pas appelés à rester figés dans une lecture uniquement terrestre.
Chacun reçoit la Parole selon ce qu’il vit et selon son étape de foi. L’évolution de notre foi nous conduit à discerner comment Dieu nous parle à travers l’Écriture, parce que nous apprenons Son langage. Mais il existe aussi une autre perception : une lecture plus céleste, moins limitée par nos catégories humaines.
C’est cette lecture qui nous fait évoluer.
C’est ce que révèle la parasha Bo : les trois dernières plaies agissent comme un renversement intérieur, comme un effacement de nos fausses interprétations bibliques, celles qui nous font croire en un Dieu seulement terrestre, prévisible, mesurable et contrôlable.
Alors que toute la vision biblique est le reflet d’une réalité céleste, cette vision nous permet d’entrevoir la puissance d’Elohim, une puissance qui dépasse infiniment ce que l’homme peut concevoir.
Bo nous apprend à voir ce que le langage humain voile. Si nous croyons réellement que Dieu vit en nous, alors notre compréhension du miracle doit changer. Non pas un Dieu simplement “gentil” ou lointain, mais une puissance vivante, active, créatrice, capable de transformer, d’affranchir et de manifester Sa gloire.
Limiter Dieu dans notre compréhension, c’est aussi limiter ce qu’Il peut faire en nous.
Les plaies : un dévoilement intérieur
Les sauterelles révèlent ce faux contrôle auquel on s’accroche par peur, ces sécurités illusoires que l’on garde quand on n’ose pas lâcher totalement.
Les ténèbres décrivent cet état intérieur où la pensée est figée, incapable de voir clair ou d’imaginer un avenir.
Les premiers-nés montrent que Dieu vise la racine : la tête, la pensée directrice, ce qui commande toute la vie.
Dieu ne veut ni une liberté partielle, ni une foi de survie, ni un compromis intérieur.
Il veut une délivrance totale, et cette délivrance commence toujours par la pensée.
Souvent, nous restons coincés dans des situations éprouvantes qui nous blessent et nous font douter de la puissance de Dieu à guérir, restaurer et bénir.
Mais ce n’est pas Dieu qui est limité : c’est notre pensée qui a limité Dieu.
Certaines réalités persistent non parce que Dieu les entretient, mais parce qu’un mensonge gouverne encore la pensée. Tant que ce mensonge n’est pas brisé, la prison reste debout.
Dieu ne parle jamais pour maintenir un homme à genoux ; Dieu parle pour le faire sortir.
Dans Bo, Dieu ne justifie jamais l’esclavage. Il ne demande jamais au peuple de comprendre sa souffrance ou de l’accepter ; Il dit simplement : « Sors. »
Sors de ce petit raisonnement qui te maintient esclave de tes pensées.
Quand une situation produit une peur chronique, une paralysie intérieure, une résignation installée, une pensée qui tourne en boucle sans issue, ce n’est plus une épreuve qui élève : c’est une domination que Dieu veut briser.
L’esclave n’est pas coupable d’être esclave, il est retenu.
Dans Bo, Dieu ne frappe jamais le peuple ; Il frappe ce qui le retient : une vision terrestre et limitée de Dieu.
Beaucoup de personnes ne vivent pas leur vraie réalité intérieure, non parce qu’elles manquent de potentiel, mais parce qu’elles vivent en dessous de leur appel, bridées par des schémas mentaux appris, transmis par la famille, inculqués par la société et renforcés par des discours religieux de résignation.
On nous a appris à être de “bons croyants soumis”, mais rarement à être des hommes et des femmes libres, debout, responsables, porteurs de vie et de puissance. Bo enseigne exactement l’inverse.
Dans Bo, Dieu ne se cache pas : Il se montre grand, puissant, spectaculaire devant Pharaon, non par orgueil, mais pour que Son peuple sache qui Il est et, par conséquent, qui il est lui-même.
Quand Dieu habite en nous, l’homme change de dimension
La révélation atteint ici son sommet : Dieu ne veut pas seulement diriger l’homme de l’extérieur, Il veut habiter en lui.
Lorsque Dieu demeure en l’homme, la gouvernance intérieure change, la pensée se réorganise, la peur perd son autorité.
Alors la volonté se réveille, la créativité revient, la vision s’élargit et les projets renaissent, parce que Dieu agit à travers lui.
Pessa’h : le renouveau réel
Pessa’h n’est pas seulement une commémoration historique ni un symbole extérieur. C’est un passage réel, une transformation de la pensée, une sortie qui dépasse le visible, un passage de la mort à la vie.
Ce n’est pas seulement le corps qui sort d’Égypte : c’est la vision qui change, la gouvernance intérieure qui bascule, et alors l’action suit.
Quand la pensée change, la liberté commence.
Yeshoua ne vient pas abolir cette sortie d’Égypte ; Il en révèle la pleine portée en libérant l’homme de la domination intérieure. Le vrai esclavage commence toujours quand la pensée est gouvernée par autre chose que la vérité de Dieu.
À Pessa’h, Dieu ne demande pas au peuple de comprendre, mais de marcher.
On mange debout, les reins ceints, le bâton à la main. Ce n’est pas un détail rituel, c’est une posture intérieure : on ne s’installe plus dans l’ancien, on ne négocie plus avec l’esclavage.
Le pain n’a pas le temps de lever, parce que la pensée non plus ne doit plus fermenter dans les anciens raisonnements.
On sort tel que l’on est, sans sécuriser l’avenir, mais sous la direction de Dieu.
Le sang sur les portes n’est pas un geste magique, mais un alignement : une vie, une maison, une pensée placées sous l’autorité de Dieu. Ce qui dominait avant n’a plus accès.
Pessa’h devient pleinement accompli en Yeshoua.
En Lui, Dieu ne libère pas seulement de l’extérieur ; Il libère l’homme de ce qui le gouverne intérieurement.
La peur perd son autorité.
La culpabilité cesse de parler.
La mort ne dirige plus la pensée.
Alors l’Égypte sort de l’homme, et Dieu prend Sa place.
Et quand Dieu prend Sa place, l’homme cesse de vivre en esclave.
Comme Dieu l’a dit à Moïse :
« Vois, je t’établis comme Dieu pour Pharaon. »
Moïse ne devient pas Dieu, mais il porte l’autorité de Dieu face aux dominations. Il ne parle plus depuis la peur, mais depuis une gouvernance céleste.
C’est cela Pessa’h : Dieu habite l’homme, et l’homme se tient enfin debout, non comme un esclave libéré à moitié, mais comme un porteur de la présence et de l’autorité du ciel sur la terre.
Car lorsque Dieu gouverne l’homme de l’intérieur, l’homme cesse de vivre en esclave et commence à vivre selon la nature pour laquelle il a été créé.
L’Écriture ose le dire :
« J’ai dit : Vous êtes des dieux, vous êtes tous des fils du Très-Haut. »
Cela ne signifie pas que l’homme devient Dieu, mais qu’il cesse de vivre en dessous de ce qu’il porte.
Dieu reprend Sa place en l’homme, et l’homme retrouve sa place devant Dieu : debout, responsable, vivant, porteur de Sa vie.
Pessa’h n’élève pas l’homme par l’orgueil, mais par la restauration.
Ce n’est plus l’Égypte qui gouverne, c’est Dieu qui habite, et l’homme marche enfin à la hauteur de l’appel reçu.
Proclamation.
Parce que Dieu habite en moi, ma pensée n’est plus captive. Il m’a libéré
De mes raisonnements hérités de l’esclavage.
Je refuse les images terrestres d’un Dieu limité. Je reçois la vision céleste
d’un Dieu vivant, puissant, présent en moi.
Parce que Dieu habite en moi, je suis fort et je témoigne de la puissance de Dieu dans ma vie.
Shabbat Shalom
L . B
Lecture de la parasha: Exode: Chapitre 10 verset 1 à chapitre 13 verset 16.
Lecture de la haftarah: Jérémie: Chapitre 46 verset 13 à 28.
Lecture messianique: Luc: 2: 22,24. Jean:19: 31,37; 1 Corinthiens: 5 : 2 à 8.
1 Pierre 1: 18 à 25.

