Le Nom en 4 lettres.
La parasha s’appelle Yitro, et ce n’est pas un détail, parce qu’avant même les dix commandements, la Torah place devant nous un homme, Yitro, le beau-père de Moïse, comme si Dieu voulait nous dire dès l’entrée : attention, la révélation ne commence pas toujours par ce que l’on croit ; elle commence parfois par une clé cachée, posée dans quelque chose de très concret, très simple, très humain.
Yitro ne vient pas commenter les lois, il vient conseiller Moïse. Il voit sa cadence, l’épuisement, il le voit comme un homme dépassé par les événements, et il lui dit : ce rythme-là ne peut pas tenir. Et ce qu’il propose n’est pas une idée, c’est une prophétie. Ces paroles sont une répartition en quatre temps, entre des chefs de dizaines, de cinquantaines, de centaines, de milliers, non pas pour diviser le peuple, mais pour diviser le temps, transformer un temps continu en un temps structuré.
Et là se dévoile un peu notre parasha : on ne peut pas recevoir la révélation si le temps n’est pas structuré.
Yitro arrive juste avant les commandements parce que Dieu prépare le terrain, et Dieu ne prépare pas seulement l’intelligence, il prépare la structure, il prépare l’être entier. Parce que la révélation ne tombe pas dans le chaos, elle se pose dans une vie qui a retrouvé la mesure.
Restaurer le rythme avant de recevoir la Parole, c’est là qu’on comprend ce que vient faire Yitro dans la parasha des dix commandements. Yitro parle un rythme prophétique, et ce rythme, c’est la base de tout.
La présence de Dieu dans l’homme ne s’installe pas dans son désordre. Car Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix.
Il ne s’agit pas d’être organisé pour être performant, il s’agit d’être structuré pour être vivant. Yitro dit à Moïse : apprends à fractionner, apprends à créer des espaces, et derrière ce conseil pratique se cache une vérité prophétique : s’ouvrir au rythme de Dieu pour pouvoir vivre en Lui en se plaçant sous la même fréquence.
Alors, quand Yitro vient remettre de l’ordre dans le temps de Moïse, on comprend que ce n’est pas juste de l’organisation, mais un alignement avec le rythme de Dieu.
C’est pour cela que, juste après, la Torah fait entendre les dix paroles, parce que les commandements ne sont pas seulement des « lois », ce sont des structures de fondation.
Et le premier commandement donne le ton: « Je suis YHWH, ton Dieu. » Dieu révèle son Nom en 4 lettres.
Dieu commence par l’identité, parce que sans identité, les commandements deviennent une morale, et la morale ne sauve personne. Dieu commence par Son Nom, parce que tout le reste s’accroche là.
Le Nom de Dieu est écrit en quatre lettres, et c’est précisément parce que ce Nom est voilé et imprononçable que la parasha nous fait entrer dans un mystère immense.
Ces quatre lettres ne sont pas des lettres magiques.
Le Nom n’est pas un objet, c’est une présence.
Le Nom, ces quatre lettres, n’est pas un code, c’est un dévoilement.
Et si Dieu a gardé ce Nom caché, c’est parce que l’homme est toujours tenté de transformer le mystère en idole, d’utiliser la sainteté comme un outil.
Dieu ne donne pas Son Nom pour qu’on le retienne, Il le donne pour qu’il nous tienne, pour qu’il nous aligne, pour qu’il nous restaure.
Et déjà, dans la manière même dont on lit ces lettres en hébreu, cela nous enseigne :
Yod, Hé, Vav, Hé.
Le Yod comme le point d’origine, l’impulsion de départ, le début de la création.
Le Hé comme une ouverture, un souffle, une respiration.
Le Vav comme le lien, la connexion, ce qui unit.
Et le second Hé comme un nouveau souffle, un second mouvement, comme si tout le Nom portait une cadence, une alternance, une vie qui avance et qui se retire, qui donne et qui laisse reposer, qui remplit et qui relâche.
Et là, on comprend pourquoi ce Nom est imprononçable, car il ne sert pas à être prononcé, il sert à être vécu. Voilà ce que veut dire le Nom de Dieu. Toute l’humanité fut créée à partir de ces quatre lettres qui tournent en permanence au rythme de Dieu.
Parce que tout ce qui est vivant obéit à un rythme de ces quatre lettres : l’univers, les saisons, la lune, le soleil, la nature, et le corps humain fonctionnent avec ce rythme.
Le cœur ne bat pas en continu comme une ligne droite, le cœur vit par quatre cycles, par phases, par alternance, par contraction et par relâchement ; la science nous l’explique.
Le cœur fonctionne en quatre temps (cycle cardiaque), de façon très simple :
– le cœur se relâche et se remplit ;
– petit « coup » final de remplissage ;
– contraction, le sang est éjecté ;
– détente, puis ça repart.
La respiration aussi suit un rythme en quatre temps :
inspiration – petite pause – expiration – petite pause.
Le système nerveux, lui aussi, vit par alternance de quatre temps : activation puis freinage, action puis récupération ; et aussi les muscles, la digestion et le sommeil. Dieu a tout créé par la loi des quatre temps, car Dieu a un rythme, et si nous sommes avec Dieu, nous vivons nous aussi ce même rythme.
Et là, le message vient bousculer notre raisonnement : refuser le rythme, ce n’est pas seulement refuser une sagesse, c’est refuser le Dieu vivant. Refuser d’entendre cela, c’est refuser la manière dont Dieu a signé la vie. Refuser la structure, c’est refuser la capacité de recevoir.
Et c’est exactement ce que Yitro vient corriger : il restaure le camp de Moïse, et sans le dire pleinement, il prépare la réception du Nom de Dieu. Car Dieu a besoin de ce temple intérieur pour exister en nous.
Car lorsque tu découvres en toi le Nom de Dieu, tu n’as plus besoin de te tourner vers les religions.
Lorsque ce Nom se révèle en toi, aucun temple extérieur n’est nécessaire, ni bâtiment, ni structure.
La vérité n’est pas à l’extérieur : elle demeure en toi. Elle est inscrite à l’intérieur de toi, gravée par le doigt de Dieu directement, comme un panneau devant ton âme.
Les religions construisent des lieux de culte hors de l’homme, mais lorsque tu comprends que le Nom de Dieu est gravé en toi, alors ce Nom devient ton temple.
À partir de là, les commandements deviennent une évidence :
tu ne cherches plus d’autres dieux.
Tu es avec l’Unique, le Seul, non par appartenance, mais par révélation.
La révélation c’est comprendre et admettre que Dieu vit en toi et c’est cela qui élève la conscience et fait vraiment réaliser que Dieu est vivant en Toi.
Et là, la révélation atteint son rythme et pose la prophétie.
Car si de nos yeux nous ne pouvons pas voir les quatre lettres du Nom divin, nous pouvons attester que, dans notre temple, Dieu y habite vraiment en le démontrant par le rythme du quatrième commandement.
Le quatrième commandement signe le Nom de Dieu, le sceau du quatrième temps.
Et maintenant, tu vois le génie de la Torah : dans les dix paroles, il y a les quatre premiers commandements qui donnent le rythme de Dieu pour la suite des commandements, un quatrième commandement, le Shabbat, comme si Dieu mettait un sceau sur tout ce que la parasha Yitro vient de déposer.
Les trois premiers commandements nettoient l’espace : ils brisent les faux dieux, ferment la porte aux idoles, empêchent le vide de se faire passer pour le sacré, coupent les fréquences étrangères, détruisent les formes muettes qui exigent sans donner. Ils brisent la cadence du monde pour en faire jaillir l’éclat du Divin, qui est Sa signature dans l’ouverture du temple à l’heure du Shabbat.
Le Shabbat se vit en quatre temps : à l’aurore on se prépare, le soir il commence, le jour on le vit, et à l’aube il s’achève.
Le Shabbat n’est pas seulement un repos, c’est une confession vivante.
Et là se lit le Nom de Dieu dans son apogée : les quatre lettres, comme des lettres de feu, s’illuminent, s’inscrivent en nous par le doigt de Dieu dans notre être entier. Les quatre lettres ne sont plus un nom, c’est une vie qui se met à battre pour Dieu.
Le Nom n’est plus des lettres, c’est la vie en Dieu qui se réinscrit dans notre âme comme un sceau vivant que personne ne peut effacer, un Nom inscrit qui circule dans le sang.
Cette parasha, c’est comme la première pierre que l’on pose pour bâtir son temple. Dans la Torah, le campement d’Israël est établi selon les quatre points cardinaux, formant quatre piliers qui structurent l’espace sacré.
Notre temple est sanctifié par la présence de Dieu, c’est-à-dire qu’Il nous revêt de sainteté comme une couverture d’autorité. Ainsi, le rythme de la prophétie de Yitro s’accomplit en nous pour toujours, car le Nom de Dieu y est inscrit.
Alors tout se rejoint et tout devient limpide : Yitro structure le temps, le Nom se révèle en quatre lettres, le quatrième commandement installe un temps sanctifié, et la création entière témoigne d’une loi universelle : Dieu a signé Son Nom par des rythmes, par des cycles.
Et la parasha te dit : si tu veux recevoir la révélation, commence par restaurer le temps du Shabbat, car c’est là que tout commence et que tu peux porter le Nom divin.
Et l’Esprit le dit avec force : le Nom de Dieu n’a jamais été donné pour être utilisé, il a été donné pour être porté. Porter le Nom, ce n’est pas prier, ce n’est pas répéter, ce n’est pas jouer avec des sons ; porter le Nom, c’est devenir un lieu où Dieu respire, un lieu où Dieu ordonne, un lieu où Dieu dirige, un lieu où Il vit.
Et quand le Créateur rétablit Son rythme, tous les autres commandements ne se vivent plus de l’extérieur, mais de l’intérieur, car ce n’est plus moi qui vis.
C’est Dieu qui vit en moi.
Ma vie ne m’appartient plus :
elle est habitée, conduite, portée par Lui.
Je vis, non par mes forces,
mais par Sa vie en moi.
Dieu a inscrit Son Nom dans la chair, et ce Nom prend vie, si on garde les commandements car ce Nom fait de moi un sanctuaire.
L . B
Shabbat Shalom
Lecture de la parasha : Exode : Chapitre 18 verset 1 à chapitre 20 verset 23.
Lecture de la haftarah : Esaïe : Chapitre 6 verset 1 à chapitre 7verset 6. Et chapitre 9 verset 5,6.
Lecture messianique : Jean : Chapitre 12 verset 35 à 50.

