Parasha Beha’alotekha
Elever la lumière.
Cette semaine, la parasha Beha’alotekha nous parle de l’allumage de la Ménorah, de la consécration des Lévites, du deuxième Pessa’h, de la nuée qui guide Israël dans le désert, des soixante-dix anciens qui reçoivent l’Esprit, et de Myriam frappée de tsaraat après avoir parlé contre Moïse.
À première vue, tous ces thèmes semblent très différents.
Pourtant, ils sont reliés par une même idée : faire monter la présence de Dieu sur la terre.
Le nom même de la parasha nous donne cette direction.
Beha’alotekha signifie :
« Lorsque tu feras monter les lampes. »
La bible utilise un verbe qui signifie s’élever, faire monter.
Comme si Dieu voulait attirer notre attention sur quelque chose de plus profond que ces simples flammes.
Depuis la faute originelle, le péché a engendré un monde séparé de Dieu.
Car depuis le commencement, deux influences cherchent à dominer l’humanité :
Et la mission des croyants est précisément d’élever la présence du Royaume de Dieu sur la terre.
Voilà pourquoi la Ménorah se trouve au commencement de cette parasha.
Faire monter la lumière. Elever la fréquence de Dieu au milieu de la terre.
Faire monter Sa présence jusqu’à ce qu’elle transforme l’atmosphère spirituelle du monde.
La fréquence Dieu n’est pas simplement une énergie, c’est la diffusion de son Esprit.
Elle est l’influence, la force de Dieu.
Elle est Son Esprit à l’œuvre dans le cœur de l’homme.
Elle est Sa présence qui transforme les pensées, les paroles et les actions.
Elle est cette réalité invisible qui agit lorsqu’un homme s’accorde à la volonté de son Créateur.
Et lorsque l’homme résonne avec l’Esprit de Dieu, la terre commence elle aussi à être transformée.
C’est peut-être là l’une des grandes révélations de Beha’alotekha.
La Ménorah n’est pas seulement un chandelier.
Elle devient, une lumière destinée à repousser les ténèbres.
Une lumière destinée à révéler Dieu, destinée à préparer le règne du Messie dans le coeur de l’homme.
Toute l’histoire biblique raconte ce combat invisible.
Non pas un combat entre deux puissances égales.
Mais un combat pour savoir quelle influence dominera dans le cœur de l’homme.
Car ce qui règne dans le cœur finit toujours par se manifester en réel dans le monde.
Lorsque les ténèbres gagnent du terrain dans le cœur de l’homme, elles gagnent du terrain sur la terre, se matérialisant par la montée du satanisme, avec toutes ses dérives et le mal qui leur impose.
Mais lorsque la présence de Dieu gagne du terrain dans le cœur de l’homme, c’est le Royaume messianique qui s’élève se matérialisant par, la foi, l’amour, la justice et la paix.
Le mal cherche à dominer l’homme par le péché.
Dieu cherche à dominer le mal à travers l’homme.
Dès le commencement, Dieu avait confié à l’humanité une mission particulière :
« Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre et soumettez-la ; dominez sur tout… »
L’homme avait été créé pour gouverner sous l’autorité de Dieu.
Mais lorsque le serpent entre dans l’histoire, tout s’inverse.
Celui qui devait dominer devient dominé.
Celui qui devait gouverner est gouverné.
C’est ainsi que le péché agit encore aujourd’hui.
Il cherche d’abord une place dans nos pensées.
Puis dans nos émotions.
Et finalement dans nos actions.
Le véritable combat n’est donc pas seulement extérieur.
Il concerne l’influence qui gouvernera le cœur de l’homme.
Car celui qui influence finit toujours par dominer.
Chaque être humain connaît ce combat intérieur.
Le désir de faire le bien est souvent présent.
Pourtant, nous ressentons parfois une autre force qui cherche à nous entraîner dans une direction opposée.
Nous connaissons tous ces luttes contre la colère, l’orgueil, la jalousie, les dépendances, les pensées impures et les mauvais désirs, les addictions.
Certaines tentations paraissent parfois plus fortes que nous.
Certaines pulsions semblent vouloir prendre le contrôle de notre volonté.
Mais la Torah nous rappelle que l’homme n’a pas été créé pour vivre sous la domination du mal.
Il a été créé pour vivre sous la domination de Dieu.
La lumière de Dieu est une force qui nous permet de discerner entre le bien et le mal.
Une force qui nous permet de résister.
Et c’est précisément à cet endroit que la Torah nous conduit vers l’histoire de Caïn.
Avant même que Caïn ne commette le meurtre de son frère, Dieu lui adresse un avertissement étonnant :
« Si tu agis mal, le péché se couche à la porte ; son désir se porte vers toi, mais toi, domine-le. »
Cette parole est l’une des révélations les plus profondes de toute la Torah.
Dieu ne dit pas à Caïn que le péché est déjà en lui.
Il lui dit qu’il est à la porte.
Comme un monstre silencieux couché devant l’entrée d’une maison, il attend une ouverture.
Il cherche une faille. Un moment de faiblesse, de doute ou de tentation.
Avant le meurtre, il y a la colère de Caïn.
Et c’est là que la parasha nous enseigne quelque chose d’essentiel sur la maîtrise de soi. Car c’est là que tout commence. La maitrise de soi n’est pas un acte héroïque, Elle est d’abord un don de Dieu.
Elle est une force que Dieu donne à l’homme afin qu’il ne soit pas dominé par ses pulsions négatives.
C’est pourquoi Dieu avertit Caïn avant même que le drame ne se produise.
Le combat se joue à la porte.
Le péché est couché à la porte, caché à nos yeux. Il se présente souvent sous une apparence séduisante, justifiée ou inoffensive.
Mais la lumière de Dieu révèle ce que l’œil naturel ne voit pas.
Elle éclaire les conséquences avant la décision, le piège avant le pas,
Sans cette lumière nommé Menorah, l’homme ouvre la porte sans savoir ce qui l’attend derrière.
Avec cette lumière, il discerne ce qui cherche à entrer dans son cœur avant de lui donner accès.
La véritable maîtrise de soi ne consiste pas seulement à résister après avoir ouvert la porte.
Elle consiste à voir suffisamment clair pour ne pas l’ouvrir.
C’est pourquoi Dieu ne dit pas seulement à Caïn : « Domine sur le péché ».
Il lui révèle d’abord sa présence.
Dieu éclaire la porte avant de demander la maîtrise.
Car on ne peut dominer que ce que l’on a d’abord discerné.
La flamme de la ménorah représente cette lumière divine qui éclaire le seuil du cœur.
Elle révèle ce qui se cache derrière certaines pensées, certaines paroles, certaines colères ou certaines tentations.
Là où l’homme ne voit qu’une porte à ouvrir, Dieu montre déjà ce qui se trouve derrière.
La lumière devient alors une protection.
Elle ne force pas le choix, mais elle révèle la vérité afin que l’homme puisse choisir avec sagesse.
Car lorsque le péché est déjà là, derrière cette porte, sous la forme de pensées mauvaises, de réactions charnelles, de colères, de jalousies, de rancunes ou de paroles destructrices qui frappent à notre cœur, Dieu nous dit encore aujourd’hui :« Toi, domine-le. »
Cette idée traverse toute l’Écriture.
Yeshoua dira :
« Veillez et priez, afin que vous ne tombiez pas dans la tentation. » La tentation n’est pas encore la chute.
Elle est à la porte.
Jacques écrira :
« Résistez au diable, et il fuira loin de vous. »
Dieu n’a jamais demandé à Caïn de faire disparaître le monstre.
Il lui a demandé de ne pas lui ouvrir la porte.
Car lorsqu’une porte reste fermée, le monstre demeure dehors.
Mais lorsqu’elle s’ouvre, même légèrement, ce qui était couché à l’entrée finit par pénétrer dans la maison.
C’est peut-être là le dévoilement profond de Beha’alotekha.
La Ménorah nous rappelle que Dieu n’a pas laissé l’homme seul face à ce combat.
Sa lumière éclaire ce qui est caché.
Elle révèle les pièges de l’adversaire avant qu’ils ne se referment.
Elle nous permet de discerner ce qui cherche à entrer dans notre cœur.
Et elle nous rappelle que nous avons toujours le choix.
Le choix d’écouter la voix de Dieu plutôt que la voix du tentateur.
Le choix de résister à ce qui cherche à nous dominer.
Beha’alotekha vient nous rappeler que nous ne sommes pas condamnés à subir nos mauvais penchants.
Nous ne sommes pas condamnés à vivre sous la domination de nos addictions, de nos pulsions de nos faiblesses.
En quelques instants, une décision peut changer une direction.
En quelques secondes, une prière peut renverser une tentation.
En un instant, l’homme peut choisir d’écouter Dieu plutôt que le serpent.
Car celui qui vit avec Dieu n’est pas appelé à être dominé par le mal.
Il est appelé à dominer le mal par la puissance de Dieu.
Et c’est précisément là que la Haftarah de Beha’alotekha nous révèle le secret de cette victoire.
Le prophète Zacharie reçoit la vision de la Ménorah, cette même Ménorah qui ouvre notre parasha.
Mais cette fois, Dieu lui révèle quelque chose d’extraordinaire.
La lumière ne brûle pas grâce à l’effort de l’homme.
Alors l’Éternel lui déclare :
« Ce n’est ni par la puissance, ni par la force, mais par Mon Esprit, dit l’Éternel des armées. » (Zacharie 4:6)
Voilà le véritable secret de Beha’alotekha.
La victoire contre le mal n’est pas seulement une question de discipline ou de force humaine.
Elle est avant tout l’œuvre de l’Esprit de Dieu.
C’est lorsque l’Esprit de Dieu semblable aux flammes de la Menorah est allumé dans une vie, ce qui semblait impossible devient possible.
C’est pourquoi la Ménorah brûle sans cesse.
Elle nous rappelle que Dieu n’a jamais cessé d’agir.
Que Son regard veille sur nous.
Que Sa lumière continue de briller au milieu des ténèbres.
Et que chaque fois qu’un homme choisit d’écouter la voix de Dieu plutôt que la voix du serpent, une nouvelle lumière s’élève sur la terre.
Car lorsque Dieu allume Sa lumière dans le cœur d’un homme, aucune obscurité ne peut le faire chuter.
Et lorsque la lumière du Royaume commence à briller dans une vie, elle finit toujours par éclairer le monde qui l’entoure.
Car plus la lumière de Dieu s’élève dans le cœur des hommes, plus les ténèbres reculent sur la terre.
Shabbat Shalom.
L . B
Lecture de la parasha : Nombres: Chapitre 8 verset 1 à chapitre 12 verset 16.
Lecture de la haftarah : Zacharie : Chapitre 2 verset 14 (10) à chapitre 4 verset 7.
Lecture messianique : Jean:19: 31,37. Hébreux: 3: 1,6.

