PARASHA CHOFTIM
Les combattants de la Vérité
Choftim signifie « juges ». Cette parasha parle de justice, de discernement, d’autorité, de vérité, de guerre, de faux témoins, de faux prophètes, de sorcellerie, de magie, d’occultisme et de la nécessité de savoir reconnaître la voix de Dieu au milieu de toutes les autres voix. Mais derrière toutes ces lois, une question plus profonde apparaît : de quel côté de la justice avons-nous choisi de nous tenir ?
Il existe une justice qui ne consiste pas seulement à juger les affaires des hommes, mais à rendre à Dieu ce qui Lui appartient : Sa gloire, Son honneur, Son règne et la reconnaissance de Sa vérité sur la terre.
Notre passage dans ce monde peut être compris comme l’entrée dans une mission. Nous venons revêtus d’un corps de chair, limité, vulnérable, soumis à la fatigue, à la tentation, à la douleur et parfois à l’humiliation. Ce corps n’est pas mauvais en lui-même, mais il devient le lieu où se rencontre tout le combat de notre existence : nos choix, nos faiblesses, notre obéissance, nos désirs, notre capacité à rester fidèles à Dieu.
Dans une lecture spirituelle, venir sur terre revient donc à accepter d’entrer dans un territoire de combat afin d’y accomplir ce que Dieu nous confie.
Yeshoua Lui-même a accepté cette condition. Il a pris un corps, connu la faim, la fatigue, l’opposition, l’humiliation, les coups, la souffrance et la mort. Celui qui était sans péché est entré dans la fragilité humaine afin que la victoire de Dieu puisse se manifester jusque dans notre chair.
Ainsi, lorsque nous appartenons au Messie, nous ne sommes pas seulement appelés à parler de Lui : nous sommes appelés à Le refléter. Le faire vivre en nous! Nous devenons son témoignage. Dieu sur terre c’est à travers nous, et ça c’est important de le dire.
Nous devenons chacun une expression particulière de Son témoignage sur la terre, comme une étoffe dans laquelle Sa lumière peut apparaître. Certains seront appelés à parler, d’autres à bâtir, à protéger, à enseigner, à financer, à intercéder, à consoler, à administrer, à ouvrir des chemins ou à porter silencieusement une œuvre que personne ne voit encore. Chacun possède sa place.
Et plus une mission porte loin, plus celui qui la porte peut devenir une cible dans le combat spirituel.
L’ennemi ne cherche pas seulement à atteindre une personne ; il cherche à atteindre la mission qu’elle porte. Il cherchera à décourager le messager avant que son message ne soit entendu, à détourner le serviteur avant que l’ouvrage ne soit terminé, à fatiguer celui qui doit soutenir les autres, à troubler celui qui doit discerner, à faire tomber celui dont le témoignage pourrait relever beaucoup d’âmes.
Plus l’appel devient clair, plus le combat peut devenir précis.
Mais l’adversaire n’attaque pas toujours là où nous sommes forts.
Un homme peut être courageux, combattif, ne craindre personne, traverser des épreuves considérables et pourtant porter quelque part une petite ouverture, une faiblesse qu’il connaît mal ou qu’il ne surveille pas parce qu’elle lui paraît insignifiante.
C’est là que peut se trouver la faille.
Une blessure affective.
Une solitude. Une naïveté.
Un besoin d’être aimé.
Un manque de reconnaissance.
Une fragilité émotionnelle.
Un attachement.
Un souvenir.
Une peur secrète.
Une forteresse ne tombe pas toujours par sa porte principale. Parfois, une fissure suffit.
Et l’ennemi cherchera précisément l’endroit auquel nous ne pensions pas. La où est notre faiblesse est la porte ou il va entré.
Le véritable combattant ne doit donc pas seulement connaître ses forces ; il doit également connaître ses vulnérabilités. Non pour devenir méfiant de tout ou vivre dans la peur, mais pour ne pas laisser sans garde l’endroit précis où il pourrait être atteint. Choftim veut dire aussi « gardien » et c’est la que la parasha nous enseigne de mettre un garde devant tes portes. D’être vigilant la où tu es faible.
C’est ici que Choftim prend une dimension particulière, car la parasha parle aussi très clairement de la sorcellerie, de la divination, des enchantements, des envoutements, de la consultation des esprits et de toutes les pratiques occultes que Dieu interdit.
Dans le combat spirituel, des hommes ou des femmes animés par les forces occultes peuvent également chercher volontairement à agir par ces pratiques pour intimider, troubler, influencer, séduire ou détourner quelqu’un de son chemin.
La sorcellerie devient alors une tentative d’agression spirituelle : créer de la confusion, installer la peur, provoquer une fascination, affaiblir une volonté, entraîner vers une mauvaise décision ou essayer d’enfermer une personne dans ce qu’elle ne comprend pas.
Car le véritable objectif de l’adversaire reste toujours le même : nous faire sortir de notre trajectoire. De notre appel pour servir Dieu.
S’il ne peut pas détruire l’appel, il tentera de le détourner.
Et c’est précisément là que Choftim vient poser une parole au milieu du chemin :
« Justice, justice tu poursuivras. »
Poursuivre la justice, c’est remettre chaque chose à sa place.
La vérité au-dessus du mensonge.
La mission au-dessus de la distraction.
Choftim parle du juge, du roi, du sacrificateur, du prophète, du témoin, du soldat et des anciens. Chacun possède une fonction différente.
C’est peut-être là une très belle image de l’armée de Dieu.
Une armée n’est pas constituée uniquement de guerriers visibles.
Il existe des sentinelles, des intercesseurs, des bâtisseurs, des protecteurs, des enseignants, des financiers, des porteurs, des gardiens et des hommes ou des femmes qui soutiennent silencieusement ce que d’autres accomplissent publiquement.
Tout le monde ne combat pas de la même manière.
Certaines victoires se gagnent par une parole.
D’autres par une prière.
Certaines par une confrontation.
D’autres par une consolation.
D’autres par le simple refus de céder à une tentation que personne ne connaîtra jamais.
Et c’est aussi cela, l’armée de Dieu.
Des milliers d’obéissances invisibles qui empêchent les ténèbres de prendre le terrain.
Choftim demande aussi d’établir des juges aux portes.
Les portes sont les lieux de passage.
Spirituellement, nous avons tous des portes à garder : ce que nous regardons, ce que nous écoutons, ce que nous laissons entrer dans nos pensées, nos fréquentations, nos habitudes, nos doctrines, nos émotions, notre nourriture, nos relations.
Nous avons besoin de gardiens à nos propres portes.
Et juste après l’interdiction de la sorcellerie et de la divination, Dieu fait une promesse extraordinaire :
« Je leur susciterai un prophète comme toi… Je mettrai Mes paroles dans sa bouche. »
Dans une lecture messianique, cette parole conduit vers Yeshoua.
Voilà peut-être le cœur de toute cette parasha.
Au milieu de toutes les voix, il faut reconnaître la Voix du Messie Yeshoua.
Non seulement croire qu’Il existe, mais accepter que Sa vérité puisse également juger nos propres chemins.
Car le premier tribunal de Choftim n’est peut-être pas celui où nous examinons les autres.
C’est celui où nous acceptons que Dieu examine nos propres portes.
Et c’est là que commence la véritable guerre.
Le combat spirituel ne consiste pas seulement à combattre ce qui est extérieur.
Il consiste aussi à reconnaître ce qui, en nous, pourrait devenir une ouverture : l’orgueil, la jalousie, les mauvais penchants, le besoin d’être reconnu, la naïveté, une blessure mal refermée, un attachement excessif, une colère entretenue ou une faiblesse émotionnelle.
Puis Choftim nous conduit véritablement sur le champ de bataille.
Le sacrificateur s’avance devant l’armée et dit;
« Que votre cœur ne faiblisse point. Ne craignez pas. Ne tremblez pas. »
Parce que l’Éternel marche avec vous pour combattre pour vous contre vos ennemis.
Cela ne signifie pas que nous ne connaîtrons aucune blessure.
Il y aura des batailles difficiles.
Des temps où nous serons fatigués.
Des moments où nous nous croirons vaincus.
Il y aura peut-être des erreurs, des détours, des larmes et des choses à reconstruire.
Mais une bataille perdue n’est pas une guerre perdue.
Une chute ne met pas forcément fin à une mission.
Notre victoire ne repose pas sur l’idée que nous ne tomberons jamais, mais sur la certitude que le Messie a déjà ouvert le chemin de la victoire.
Il faut donc reprendre conscience de qui nous sommes et de pourquoi nous sommes ici.
Quelle vérité devons-nous défendre ?
Quelle œuvre nous a été confiée ?
Choftim devient alors bien plus que la parasha des juges.
Elle devient l’appel de ceux qui se lèvent pour remettre les choses à leur place.
Des hommes et des femmes qui choisissent la vérité.
Qui reconnaissent Yeshoua comme le Messie.
Qui refusent les voix étrangères.
Qui ne cherchent pas leur puissance dans l’occultisme.
Qui ne cèdent pas devant la peur.
Qui connaissent leurs failles.
Qui comprennent qu’ils sont engagés dans un combat mais qu’ils ne combattent pas seuls.
Nous sommes appelés à rendre justice à la vérité de Dieu sur cette terre, à proclamer que le Messie est Yeshoua.
Alors oui, nous pouvons devenir des cibles.
Oui, certaines missions attireront davantage d’opposition.
Oui, il faudra parfois combattre longtemps.
Mais plus le combat devient sérieux, plus il faut se souvenir de cette parole :
« Ne craignez pas, car l’Éternel votre Dieu marche avec vous. »
Nous sommes appelés à devenir des témoins, des sentinelles, des bâtisseurs, des protecteurs, des combattants de la vérité.
Et chaque fois qu’une vérité chasse un mensonge, qu’une âme revient vers Dieu, qu’une porte est refermée sur ce qui voulait nous détourner, qu’un homme ou une femme se relève pour reprendre sa mission, un territoire est repris.
Les batailles peuvent laisser des cicatrices.
Mais elles ne doivent jamais nous faire oublier la guerre à laquelle nous appartenons.
Notre appel est donc de choisir toujours le bien, même lorsque l’injustice nous atteint, car la justice finale ne nous appartient pas : elle appartient à Dieu.
Choftim rappelle ce principe de mesure juste — « œil pour œil, dent pour dent » — non comme un appel à la vengeance personnelle, mais comme l’affirmation que le mal ne restera pas éternellement sans réponse. Quelles que soient les épreuves, les humiliations ou les blessures traversées en servant Dieu, il vient un temps où Dieu rétablit la justice, remet les comptes à leur juste mesure et défend ceux qui Lui sont restés fidèles.
Shabbat shalom!
Lecture de la parasha
Deutéronome: Chapitre 16 verset 18 à chapitre 21 verset 9.
Lecture de la haftarah:
Esaïe: Chapitre 51 verset 12 à chapitre 52 verset 12 + jusqu’au chapitre 53 verset:1 à 12.
Lecture messianique:
1 Corinthiens: Chapitre 5 verset 9 à 13; Hébreux: 10: 28,31. 1 Timothée 5: 17 ;22.
Mathieu 5; 38, 42.
Actes; 3; 13, 26, 7; 35, 53

