Samedi 15 mars 2025
Faiblesse et volonté.
Faiblesse et Volonté.
La parasha Ki Tissa, nous plonge dans des événements clés et des enseignements essentiels pour notre vie spirituelle. Chaque élément est comme une invitation à comprendre la profondeur de notre relation avec Dieu, à reconnaître notre faiblesse humaine tout en étant appelés à une volonté de sainteté qui, seule, peut nous mener à la victoire.
Tout d’abord, la question du recensement et du demi-shekel, qui rappelle l’égalité devant Dieu. Peu importe nos statuts, chacun de nous a la même valeur aux yeux du Créateur. Mais cette égalité ne réside pas dans ce que nous faisons ou ce que nous sommes en apparence, elle réside dans l’intention de notre cœur et dans l’engagement profond que nous mettons à suivre Sa voie.
Puis, l’huile sainte et l’encens nous enseignent que la présence de Dieu sanctifie, et que la prière est une offrande agréable à Ses yeux. Cela nous appelle à vivre consacrés, remplis de l’Esprit Saint, et à persévérer dans la prière, malgré les épreuves et les distractions de ce monde.
Un autre point majeur de cette parasha est l’importance du Shabbat, ce temps de repos en Dieu. Même dans les moments de grande urgence, la nécessité de prendre du recul et de se reposer en Dieu demeure. Ce repos n’est pas un luxe, mais un commandement. C’est ce moment où nous nous éloignons du tumulte de la vie pour retrouver la paix divine. Le Shabbat n’est pas seulement un jour de repos, mais un rappel constant que notre valeur ne se mesure pas à nos actions, mais à notre relation avec Dieu.
Le veau d’or nous rappelle la tendance humaine à chercher des sécurités illusoires. Comme les Israélites, nous sommes souvent pris dans la tentation de nous raccrocher à des idoles modernes, des choses qui ne remplissent pas notre âme et ne nous rapprochent pas de Dieu. Cela montre notre vulnérabilité, notre faiblesse à résister aux sirènes du monde.
Moïse, dans sa colère, brise les tables de la loi. Mais plus que cela, Dieu, dans Sa grande miséricorde, les renouvelle. Ce geste symbolise la possibilité de restauration que Dieu nous offre. Quand nous échouons, quand nous faisons des choix qui nous éloignent de Lui, Sa grâce est toujours là, prête à nous restaurer. La véritable victoire réside dans notre capacité à nous relever, non par nos forces, mais en nous accrochant à la miséricorde divine.
Et puis, il y a Moïse, qui revient du Mont Sinaï, portant les nouvelles tables de la loi, son visage rayonnant de la gloire de Dieu. Il portait un voile, non pas parce qu’il voulait cacher sa lumière, mais parce que la gloire divine était trop grande pour le peuple à ce moment-là. Il y a là une grande leçon : l’intimité avec Dieu transforme, et plus nous nous rapprochons de Lui, plus nous reflétons Sa lumière. C’est cette lumière qui doit illuminer notre vie, même si, parfois, nous devons la cacher pour qu’elle puisse toucher les autres à son rythme.
Ce texte de Ki Tissa nous invite à reconnaître la lutte entre notre désir de suivre Dieu et nos faiblesses humaines. Comme Yeshoua l’a dit : « Veillez et priez, afin que vous ne tombiez pas en tentation ; l’esprit est bien disposé, mais la chair est faible. » (Matthieu 26; 41). Cette dualité est familière : bien que nous ayons la volonté de bien faire, la fatigue, l’angoisse ou la tentation peuvent nous pousser à faire de mauvais choix.
Nos erreurs proviennent aussi des influences extérieures, de la crainte, de l’impatience ou du désir de plaire. Et aussi de se sous-estimer en suivant les voix autoritaires de ceux qui, par leur charisme ou leur éloquence, savent imposer leur vision des choses. Cependant, en cultivant une proximité avec Dieu, nous découvrons que nous possédons en nous le savoir et l’intelligence nécessaires pour éviter ces erreurs, car Dieu nous guide et éclaire nos choix.
Le visage de Moïse, rayonnant après sa rencontre avec Dieu, nous rappelle que l’intimité avec Lui transforme véritablement nos vies.
Nous sommes tous égaux devant Dieu mais nous sommes tous different devant ce monde;
Chacun de nous évolue avec une perspective différente selon sa propre identité et l’influence qui si construit.
La foi se construit à partir de nos expériences vécues, et notre caractère à vouloir croire en ce qui est de plus inaccessible et de plus improuvable.
Dieu ne peut qu’exister que dans le coeur d’une personne qui cherche la source de ses émotions.
Dieu ne se révèle qu’au cœur de celui qui cherche l’Amour véritable. L’Amour, invisible, insaisissable, immatériel est pourtant la force la plus puissante qui propulse l’individu au-delà de ses propres limites. Par amour, l’homme est capable des actions les plus folles, celles qui défient la raison et l’entendement. C’est dans cette dévotion sans bornes, au-delà de toute logique humaine, que l’on comprend que c’est l’Amour, ce don divin, qui ouvre le cœur à la foi et nous permet de croire en Dieu.
C’est l’amour qui donne la volonté de suivre Dieu et d’avoir envie de vivre une vie différente des autres, juste pour vivre Son amour le recevoir en nous et le partager avec les autres.
La parasha Ki Tissa nous rappelle également que Dieu, dans Sa miséricorde, a révélé à Moïse les Treize Attributs de Sa miséricorde : « Éternel, Éternel, Dieu compatissant et miséricordieux, lent à la colère, riche en bonté et en vérité, qui conserve Sa bonté jusqu’à mille générations, qui pardonne l’iniquité, la rébellion et le péché… » (Exode 34; 6-7) Ces paroles sont comme un baume sur nos âmes fatiguées. Elles nous rappellent que, malgré nos erreurs, Dieu est toujours là pour nous restaurer.
Nous ne pouvons pas vaincre la faiblesse de notre chair par nos seules forces. La solution se trouve dans la communion avec Dieu, dans la prière, dans l’humilité de reconnaître notre vulnérabilité et notre dépendance totale à Lui. Yeshoua nous invite à « veiller et prier » : veiller, c’est être conscient de nos faiblesses, et prier, c’est chercher la force en Dieu. La vraie victoire ne réside pas dans l’absence de chutes, mais dans notre capacité à nous relever, à revenir à Dieu avec un cœur contrit, sachant qu’Il est riche en grâce et en bonté.
Quand la chair flanche, Sa miséricorde nous relève. Quand nous nous épuisons, Sa compassion nous soutient. Chaque épreuve est une opportunité de découvrir l’immensité de Sa miséricorde et de grandir dans l’amour. La véritable lumière, la véritable force, réside dans cette relation intime avec Dieu, cette lumière qui, même dans l’obscurité de nos luttes, peut rayonner et nous transformer.
Alors, ne craignez pas vos échecs. Ils sont une occasion de revenir à Dieu, de chercher Sa grâce et de recevoir la force qui vient de Lui seul. Car la chair est faible, mais l’amour de Dieu est infiniment plus fort.
Veillez, demeurez fermes dans la foi, soyez des hommes, fortifiez-vous. Que tout ce que vous faites se fasse avec l’Amour!
Shabbat Shalom
L . B
Lecture de la parasha: Exode: Chapitre 30 verset 11 à chapitre 34 verset 35.
Lecture de la haftarah: 1 Rois: Chapitre 18 verset 1 à chapitre 20 verset 39.
Lecture messianique: Luc; 11:14 à 20. Actes: 7: 35 à 8:1. 1Corinthiens: 10:1 à 13. 2 Corinthiens : 3:1 à 18.