L’effet papillon.
La parasha Michpatim arrive exactement dans un temps parfait.
Michpatim veut dire : les lois.
Il est troublant de constater à quel point les événements du monde semblent parfois entrer en résonance avec la parasha de la semaine.
Nous vivons une époque où les ténèbres semblent recouvrir la terre : scandales, violences, abus de pouvoir, exploitation des plus faibles, dévoilements successifs de systèmes corrompus qui étaient longtemps restés cachés. L’affaire Epstein vient dévoiler ses horreurs, dénoncer le système des élites mondiales, prêtes à tout pour accéder au pouvoir, à l’argent et à la célébrité, même s’il faut faire des sacrifices, tortures et viols d’enfants, sans compter tout le reste.
La Torah l’avait annoncé : les ténèbres peuvent couvrir la terre, mais elles ne restent jamais éternellement cachées. Ce qui est enfoui finit par remonter. Ce qui est dissimulé finit par être révélé.
C’est précisément à ce moment-là que la parasha Michpatim prend toute sa force.
Après la révélation du Sinaï, Dieu ne commence pas par des mystères célestes, mais par des lois concrètes :
comment on traite l’autre, comment on protège le faible, comment on empêche l’homme de devenir un objet, comment on refuse que le pouvoir écrase la dignité humaine.
Michpatim se lit en miroir, comme pour nous dire : il y a les lois de la Torah et il y a aussi les lois du monde, pour ceux qui se livrent à leurs plus bas instincts, ces hommes, ces personnes, dont l’orgueil a dépassé les limites.
Si l’on résume, les lois de Michpatim reposent sur trois fondements : la droiture, l’intégrité et l’humilité.
Le monde fonctionne sur tout autres fondements : le secret, la corruption et l’orgueil.
Mais les lois de Michpatim cachent en réalité non pas des codes de vie, mais une métamorphose.
Car il y a un chiffre qui revient comme une fréquence cachée, et ici ce chiffre est lié au Sinaï lui-même : les 40 jours et les 40 nuits de Moïse sur la montagne, quand la révélation descend et qu’un monde bascule.
Et quarante, ce n’est pas un détail, c’est un mode.
Le mode chrysalide.
Le moment où tu n’es plus dans l’ancien… mais pas encore dans le nouveau.
Le moment où la peau tombe.
Le moment où l’ancien se dissout, et où le nouveau se forme en silence.
C’est exactement ce que produit Michpatim dans l’âme.
Ce qui nous intéressait avant ne nous intéresse plus.
Ce qui nous attirait avant perd sa saveur.
Ce qui nous stimulait avant devient vide.
Et ce n’est pas un vide, c’est une mue.
Michpatim nous met devant une évidence : la sainteté n’est pas une émotion, c’est un ordre.
La justice n’est pas un slogan, c’est une structure.
Et quand Dieu commence à parler de réparation, de responsabilité, de limites, de vérité dans le jugement, Il ne fait pas seulement une société plus propre : Il est en train de changer notre regard, de nous donner des yeux nouveaux.
Parce que la métamorphose, ce n’est pas juste changer ce que nous faisons.
C’est changer ce que l’on voit.
C’est pour cela que la parasha tombe avec une précision troublante dans un monde saturé d’affaires de corruption, d’exploitation, longtemps enfouies, mises en lumière devant le monde entier.
Comme si la Torah disait : quand la lumière perce l’ombre, ce n’est pas un accident, c’est un cycle.
Ce n’est pas seulement une “exposition”, c’est un jugement qui prépare une naissance.
Cela sonne comme une prophétie qui arrive : le monde est en train de basculer, et cette annonce n’est pas là pour faire peur, elle annonce le changement qui arrive. Elle annonce premièrement que la fréquence qui relie Dieu à son peuple se stabilise pour sa protection, par des signes qui ne peuvent même pas s’exprimer par des mots, tellement la fréquence est haute, et agit comme un bouclier super puissant. Ce sont des repères pour nous identifier. Comme des balises annuelles dans ce monde qui bascule vers le mal.
Alors que la parasha nous parle d’esclaves et de justice, tout à coup un signe, comme un repère, nous stoppe net dans notre lecture, pour nous ramener vers ce qui nous transforme.
Trois fêtes comme sceau sur nous, pour nous identifier :
Pessa’h pour sortir de l’esclavage et refuser les systèmes oppresseurs,
Shavouot pour recevoir la révélation et rappeler que la loi est au-dessus du pouvoir humain,
Souccot pour se souvenir que la sécurité ne vient pas des palais ni des réseaux, mais de la présence divine.
Ces rendez-vous avec Dieu pour nous rappeler que nous ne sommes pas seuls dans ce monde : Dieu est avec nous, dans ce monde de fous.
Et deuxièmement, au cœur de notre lecture, tombe comme un couperet, surgit une phrase vertigineuse.
Exode 23:20 :
« Voici, j’envoie devant toi un malakh, un envoyé, un messager. »
La Torah ne dit pas encore “Messie”.
Elle dit “Envoyé”.
Puis elle ajoute la phrase qui bascule tout :
« Mon Nom est en lui. »
Et là, la parasha se transforme : Michpatim, qui est un mot pluriel qui veut dire les lois, devient Michpat, qui veut dire la loi.
La justice n’est plus seulement un texte gravé.
Elle devient incarnée.
Elle marche.
Elle précède.
Elle conduit vers un lieu préparé.
La justice vient par l’Envoyé qui porte le Nom.
Mishpat n’est pas une idée abstraite : c’est le Messie vivant.
Et c’est ici que la fréquence 40 devient la clef du message.
Les 40 jours / 40 nuits, c’est le temps où Dieu laisse l’ancien tomber, pour que le nouveau prenne forme.
Comme un papillon.
Parce que la métamorphose n’est pas une amélioration.
C’est un effacement.
Un désassemblage.
Une mue. C’est une fin suivie d’une naissance.
Au temps de Noé : quarante jours et quarante nuits de pluie, non pour faire un spectacle, mais pour que l’ancien monde s’effondre et qu’un autre commence.
Au Sinaï : Moïse monte quarante jours et quarante nuits, comme si Dieu disait : la révélation n’entre pas dans l’homme sans passage, sans transformation, sans cocon.
Et chaque fois que quarante revient, c’est la même signature : transition, dévoilement, jugement, recommencement.
C’est pour ça qu’en ce moment, beaucoup ressentent ce décalage :
On ne réagit plus comme avant,
On ne s’attache plus comme avant,
On ne se laisse plus distraire comme avant.
On regarde le monde… mais avec des yeux nouveaux.
On comprend des mécanismes qu’on ne comprenait pas avant.
On reconnaît des schémas, des manipulations, des inversions morales. On voit l’injustice des tribunaux.
On discerne mieux.
Pas parce qu’on devient parano.
Parce qu’on change de peau.
Nous sommes dans un temps de passage.
Les structures vacillent.
Les masques tombent.
Et ce qui était caché remonte.
Mais ce n’est pas “juste le chaos”.
C’est la chrysalide.
Le monde est en train de perdre sa peau de serpent.
Et pendant que tout tremble, les fêtes demeurent comme des protections :
Pessa’h proclame qu’aucun empire n’est éternel,
Shavouot proclame que la loi divine est supérieure aux systèmes humains,
Souccot proclame que la vraie protection ne vient pas des élites, mais de la présence de Dieu.
Et derrière tout cela marche l’Envoyé.
Celui qui porte le Nom. Yeshoua est là, très présent. Il est le Michpat. Il est là pour faire tomber les pactes de l’ombre. Et lorsque la lumière commence à révéler ce qui était enfoui, ce n’est pas un hasard de l’histoire, ni une simple exposition médiatique :
c’est le Michpat qui s’approche.
Car la justice de Dieu n’est pas suspendue dans le ciel.
Elle est vivante.
Elle a un visage.
Elle a une voix.
Elle a un Nom.
Et ce Nom est en Lui.
Et ce Nom que la Torah annonce voilé dans Michpatim se révèle pleinement en Yeshoua.
Il est la justice en chair et en os.
Il est la Parole vivante qui juge avec droiture.
Il est la lumière qui expose les ténèbres sans trembler.
Et lorsqu’Il apparaît, le règne de l’ombre ne peut subsister.
Comme il est écrit dans la Deuxième épître aux Thessaloniciens 2:8 :
« Le Seigneur détruira l’impie par le souffle de sa bouche et l’anéantira par l’éclat de son avènement. »
Sa manifestation met fin au système de l’iniquité.
Comme l’annonce Daniel 2:44 :
« Le Dieu des cieux suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit… il brisera et anéantira tous ces royaumes-là. »
Et Yeshoua Lui-même déclare (Jean 12:31) :
« Maintenant le prince de ce monde sera jeté dehors. »
Voilà le cœur de Michpatim.
La justice n’est pas seulement un code social.
Elle est une prophétie de métamorphose.
Quand les structures secrètes vacillent,
quand les alliances corrompues sont mises à nu,
quand les trois piliers du secret, de la loyauté fermée et de l’inversion morale se fissurent,
ce n’est pas seulement une chute : c’est un signe.
Parce que le Michpat ne vient pas seulement corriger.
Il vient régner.
Yeshoua ne vient pas seulement consoler.
Il vient gouverner.
Et quand Il se lève, aucune pyramide d’orgueil ne tient,
aucun réseau d’ombre ne résiste,
aucune domination injuste ne subsiste.
Car l’apparition du Roi marque la fin du système de l’impie.
Le monde se fissure.
Les masques tombent.
Les sécurités tombent.
Ce que nous appelions stabilité n’était qu’un décor.
Ce qui nous fascinait hier ne nous tient plus.
Ce qui nous séduisait hier nous paraît vide.
Alors Dieu secoue.
Il met en lumière la réalité sombre
pour briser nos chaînes invisibles.
Non pour nous écraser,
mais pour que nous ne soyons plus esclaves de ce monde.
Nous sommes dans le cocon.
Silencieux. Cachés. Transformés.
La métamorphose n’est pas une fuite.
C’est une gestation. Une traversée.
Nous ne restons pas enfermés,
nous nous préparons.
Ce monde croyait nous retenir au sol.
Il ne faisait qu’assister, sans le savoir,
à la naissance du papillon.
L’ancien nous se dissout.
Les anciennes attaches tombent.
Et déjà, dans l’invisible,
le battement des ailes du Malakh se fait entendre.
Le ciel n’est pas loin.
Il s’ouvre.
Shabbat shalom
L . B
Lecture de la parasha: Exode: Chapitre 21 Verset 1 à chapitre 24 verset 18.
Lecture de la haftarah: Jérémie: Chapitre 34 verset 8 à 22 et
33: 25,26.
Lecture messianique: Mathieu 5:38, 15,1-20, Marc 7:1-23, Actes 23:1-11, Hébreux 9:15-22 ; 10:28-39

