Parasha Mikets 2025


L’obscurité a une date limite.

Mikets arrive toujours dans un moment particulier du calendrier, au cœur de la semaine de Hanouka, comme si la Torah voulait nous murmurer quelque chose de précis. Elle nous transmet une clé discrète mais puissante :
« Il fixe une fin à l’obscurité. »

Avant même que la lumière apparaisse, Dieu a déjà fixé la fin de la nuit.
Avant même que la flamme s’allume, l’obscurité est déjà limitée.

Mikets n’est pas seulement la fin de deux années d’attente pour Yossef ; c’est la fin d’une nuit imposée, la limite que Dieu pose aux ténèbres. Comme à Hanouka, la lumière n’arrive pas quand tout est réglé, mais quand l’obscurité semble installée, quand plus rien ne laisse présager l’issue.

Cette parasha s’oriente sur les rêves de Pharaon, qui sont des rêves vrais. Ils viennent de Dieu. Sept vaches grasses, puis sept vaches maigres. Sept épis charnus, puis sept épis desséchés. Dieu ne parle pas ici de guerres, de rois ou de temples, mais de nourriture. De ce qui fait vivre chaque jour. De ce qui soutient un monde dans la durée. Dieu parle de ce qui nourrit une civilisation, une foi, une âme.

Les vaches grasses représentent un système vivant, une force qui circule.
Les vaches maigres, elles, représentent un système épuisé, vidé, mais encore debout. 

Et le détail le plus troublant du rêve est là : les vaches maigres dévorent les vaches grasses, mais ne deviennent pas grasses. 

Elles mangent, mais restent maigres. Elles absorbent, mais ne se transforment pas.

C’est une image spirituelle d’une force incroyable. Il existe des formes de spiritualité, des systèmes religieux, des discours sur Dieu, qui avalent beaucoup de révélation, de paroles, d’émotions, de signes, mais qui ne nourrissent pas.
Ils consomment le sacré sans produire la vie. Ils prennent, mais ne donnent pas. Ils parlent, mais ne réparent pas. Comme les vaches maigres, ils sont actifs, présents, visibles, mais intérieurement vides.

Puis Dieu montre les épis. Et là, le message va encore plus loin. Un épi, c’est une tige unique, une direction claire, une racine commune, qui porte plusieurs grains. C’est l’image d’une parole enracinée, d’une sagesse qui nourrit parce qu’elle est reliée à sa source. Les épis charnus parlent d’une nourriture intérieure dense, consistante, capable de soutenir la vie. Les épis chétifs, brûlés par le vent d’est, parlent d’une parole desséchée, coupée de sa racine, emportée par tous les vents.

Et là encore, le texte insiste : les épis chétifs engloutissent les épis charnus. Des paroles vides prennent la place des paroles pleines. Des discours sans racine étouffent la vraie nourriture. Ce n’est pas un manque de messages, c’est un manque de substance. Que ce soit un manque de Torah ou un manque de Messie, le manque est là.

On peut être bien assis dans nos assemblées, y écouter de beaux et vrais discours, mais s’il manque la Torah ou le Messie, l’âme ne se rassasie pas.

Dieu montre à Pharaon à la fois les vaches et les épis, comme pour dire que la crise touche à la fois le système extérieur et la nourriture intérieure. La famine n’est pas seulement économique ; elle est spirituelle. On peut avoir des communautés qui fonctionnent, des activités, des rites, des paroles, et pourtant mourir de faim à l’intérieur.
C’est précisément ce que les sages appellent une famine spirituelle.

Car la famine dont parle la Torah n’est pas d’abord un manque de pain, mais un manque de Torah ou un manque de Yeshoua. Les prophètes l’ont dit : il existe une famine où l’on mange encore, où l’on parle encore de Dieu, où les rites continuent, mais où la Parole ne nourrit plus. Quand la Torah messianique n’est plus au centre, la vie spirituelle se dessèche. On s’agite, on débat, on répète des formules, mais l’âme reste vide. C’est une faim silencieuse, plus dangereuse que le manque visible, parce qu’elle donne l’illusion d’être rassasié. Là où la vérité disparaît, la direction se perd ; et là où la direction se perd, même l’abondance finit par être engloutie.

Les sages disent : là où il n’y a plus de Torah, le bien et le mal se mélangent, la justice se pervertit, et la sagesse devient opinion.
Car la vérité ne sert pas seulement à croire, mais à vivre. Elle donne une direction, une sagesse, une stabilité. Quand la Torah de vérité en Yeshoua disparaît, l’homme continue d’exister, mais il s’affaiblit intérieurement.

Les prêtres d’Égypte savent interpréter les rêves. Et selon le texte dans son écriture hébraïque, les sages d’Israël citent l’interprétation des prêtres de Pharaon :
« Pharaon aura sept filles et enterrera ses sept filles. »
Ce que Pharaon ne voulut pas entendre.

Et là, Yossef nous donne la prophétie qui s’entend avec des oreilles spirituelles, pour ceux qui veulent entendre le vrai sens de la prophétie.

Yossef, lui, incarne une autre sagesse. Il ne nie pas la famine. Il ne la minimise pas. Mais il transforme la révélation en responsabilité. Il fait de la parole un chemin. Là où les autres annoncent, Yossef prépare. Là où les autres décrivent la mort, Yossef protège la vie. Et donc là, Yossef parle au monde de provisions et de nourriture, mais la lecture spirituelle parle autrement.

Et là, on comprend que la prophétie de Yossef fait écho aux sept Églises de l’Apocalypse : sept états spirituels qui reçoivent des avertissements, appelés à s’arrêter, à se repentir, à changer de direction. Certaines travaillent, parlent, agissent, mais risquent de devenir comme des vaches maigres ou des épis chétifs : beaucoup d’activité, peu de nourriture.
Certaines communautés, bien que parlant de Yeshoua, se sont éloignées de la Torah vivante ; elles sont présentes, actives, mais n’apportent plus la vraie nourriture. Elles engloutissent la Vérité et sont destinées à s’éteindre.

Et au cœur de tout cela brille Hanouka.

Hanouka ne parle pas de grandes récoltes, ni de systèmes puissants, ni de religions puissantes. Elle parle d’une petite fiole d’huile, presque rien, mais pure. Une petite quantité, mais une lumière qui dure. Un petit reste du peuple de Dieu, un peu seul et pas apprécié de tous, mais avec un feu dévorant qui les anime du feu de l’Éternel, pour éclairer le monde avec la Torah de Yeshoua.

Mikets nous rappelle alors une vérité simple et redoutable : la vraie famine n’est pas seulement le manque de pain, mais l’absence de Torah avec Yeshoua. 

Là où la Lumière disparaît, même l’abondance finit par être engloutie et oubliée. Mais là où la Lumière demeure, même une petite fiole suffit à percer la nuit. Et le Messie n’est pas séparé de cette sagesse : il en sort, comme la lumière sort de l’huile, comme la vie sort de ce qui nourrit vraiment.

Et dans cette lecture, Yossef nous conduit plus loin encore, jusqu’à Yeshoua. Car Yossef est celui qui sort de la prison au temps fixé, rejeté, oublié, puis élevé pour nourrir les nations. Oui, un temps fixé, quand le cœur est prêt à le recevoir dans Sa Vérité.

Yeshoua aussi vient dans un monde en famine, non seulement de pain, mais de vérité. Il entre dans un système religieux riche en paroles, en lois humaines, en rites, mais pauvre en nourriture intérieure. Beaucoup parlent de Dieu, mais peu savent encore comment vivre avec Lui. Dilué par des traditions et des artifices qui ont parfois éclipsé le véritable sens de la venue du Messie Yeshoua, qui n’a rien à voir avec un Noël païen, car Yeshoua était bien à la fête de Hanouka.
Dans Jean 10:22, ce que les traductions françaises appellent « la fête de la Dédicace » correspond en hébreu et dans la tradition juive à Hanouka, la fête de la dédicace et de la purification du Temple.

Yeshoua se tient au cœur de cette famine comme le pain vivant. Il ne vient pas seulement annoncer qu’Il est le Sauveur, il vient se révéler. Il ne fait pas que dénoncer l’hypocrisie dans les églises, il ouvre un chemin de retour. Là où les systèmes religieux deviennent des vaches maigres, dévorant la révélation sans nourrir, Yeshoua redonne de la chair à la Parole. Il réunit ce qui avait été séparé : la révélation et la solution.

Il est comme un épi charnu, pleinement relié à la tige, à la racine d’Israël, à la Torah vivante. Il ne parle jamais en dehors d’elle ; il l’accomplit. Sa parole nourrit parce qu’elle est incarnée. Elle ne flotte pas au vent, elle prend chair. Elle ne dessèche pas l’âme, elle la relève. Là où la famine spirituelle a fait oublier l’abondance, Yeshoua restaure la mémoire de Dieu dans le cœur de l’homme.

Mikets nous conduit ainsi jusqu’à lui : le Messie qui ne se contente pas d’annoncer la famine, mais qui nourrit au cœur de la famine ; le Messie qui ne laisse pas l’homme face à la nuit, mais qui lui montre comment traverser la nuit avec une lumière qui ne s’éteint pas.

Et comme un miracle déjà programmé, Hanouka nous offre le plus beau des cadeaux : la révélation du Messie qui se révèle en puissance et en Vérité. Ainsi s’annonce la date limite de l’obscurité. La Lumière de la Vie de Yeshoua nous réveille, et la famine en nous se termine. Le manque prend fin quand l’âme se sent rassasiée de Yeshoua le Messie, la Torah vivante.

Shabbat Shalom et bonne fête de Hanouka. 

L . B

Lecture de la parasha Mikets :

 Genèse: Chapitre 41 verset 1 à chapitre 44 Verset 17.

Lecture de la haftarah: 

1 Rois: Chapitre 3 verset 15 à chapitre 4 verset 1.

Lecture messianique: Actes: Chapitre 7 verset 9 à 16.


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *