Parasha Terouma 2026



Le Temps des Cœurs Préparés

Le Temps des Cœurs Préparés

La parasha Terouma ouvre un tournant dans l’Exode : après l’Égypte, après le Sinaï… Dieu ne rajoute pas “une loi de plus”.
Il change de niveau : il ne parle plus seulement de ce qu’il faut faire, il parle de ce qu’il faut construire.

Dieu lance un appel au peuple afin qu’il apporte une offrande, donnée avec le cœur.

Mais le texte précise quelque chose d’essentiel :
“De tout homme que son cœur porte, vous prendrez mon offrande.”

Dieu ne dit pas : de tout homme obligé.
Il dit : de tout homme dont le cœur est porté.

Il cherche la disposition.

Un cœur qui se consacre est un cœur qui choisit librement de donner le meilleur de lui-même.
Terouma commence là : dans le consentement intérieur.

Car avant que le Temple soit construit, il doit d’abord être bâti dans la volonté.

Terouma signifie : prélever.
La racine hébraïque évoque l’idée d’élever, de consacrer, de détacher pour être élevé.

Terouma n’est pas une simple collecte de matériaux.
C’est un mystère : une part prélevée, séparée, élevée.

Le texte parle d’une séparation d’avec notre ancienne nature : nos mauvaises habitudes, nos vices, nos attirances vers ce qui est malsain, impur.
Car Dieu est saint, et Il ne demeure en nous que si nous Lui offrons une demeure sanctifiée par nos œuvres justes.

Le but est écrit noir sur blanc :
“Ils me feront un sanctuaire, et Je résiderai au milieu d’eux.” (Exode 25:8)

La liste des matériaux n’est pas un simple inventaire de matériaux.
En hébreu, ces matériaux révèlent une cohérence, un sens, une logique intérieure.
Dieu ne demande pas seulement de l’or, de l’argent, du cuivre, des pierres précieuses… Il demande ce que ces mots portent comme direction du cœur.

L’or : la sainteté.
L’argent : la foi.
Le cuivre : la résistance.
Le bois d’acacia : la force intérieure.
L’huile : la persévérance.
Les pierres précieuses : la conviction d’identité.
Le fil bleu : l’obéissance aux commandements.
Le pourpre et l’écarlate : l’engagement.

Ces qualités sont les véritables offrandes de cœur que nous pouvons donner à Dieu.

Terouma nous parle aujourd’hui.

Le XXIe siècle n’est pas un siècle ordinaire.
C’est un siècle d’accélération.
Les systèmes se fragilisent, les repères se redéfinissent, les consciences se réveillent ou s’endurcissent.
Ce n’est peut-être pas encore la bataille finale,
mais c’est un temps de choix massif.
Un temps où chacun décide quel temple il finance,
quelle lumière il nourrit, quelle architecture il prépare.

Nous croyons vivre une crise politique, économique, morale.
Mais en profondeur, nous vivons une guerre de construction.

Le monde n’est pas seulement en conflit.
Il est en train de bâtir.

Certains construisent un sanctuaire pour la Présence de Dieu.
D’autres élèvent des structures pour la domination du mal.

Certains consacrent leur or, leur désir, leur énergie à la lumière.
D’autres consacrent ces mêmes forces à l’ombre.

Car le monde tient par ce qu’il consacre.

Si Dieu habite là où on Lui prépare une demeure,
alors l’inverse est aussi vrai :
ce que l’homme consacre finit par devenir son temple.

Nous vivons une époque où deux puissances s’affrontent en public, les croyants en Dieu contre les adeptes du mal.

Ce n’est pas encore la guerre finale décrite par le prophète Ézéchiel (38–39),
mais cela en porte l’esprit.

Gog et Magog, ce n’est pas d’abord une bataille militaire.
C’est le moment où les nations s’unissent pour renverser ce qui porte le Nom de Dieu.
C’est la coalition des puissances qui refusent la souveraineté divine.

Avant qu’une guerre éclate sur le terrain, elle se prépare dans les structures, dans les systèmes, dans les alliances,
dans les consécrations.

Alors oui, nous ne sommes peut-être pas encore à l’événement final.
Mais nous vivons une saison de préparation.
Une saison où chacun construit.

Car la vraie question n’est pas :
“Quand viendra Gog et Magog ?”

La vraie question est :
Que suis-je en train de bâtir ?

Un temple pour Dieu ?
Ou un temple pour les forces obscures ?

Terouma nous place devant cette responsabilité.

Nous vivons un temps où le mal ne se cache plus, il se maquille.
On ne l’impose plus par la force ; on l’installe par l’habitude.

La corruption devient stratégie.
Le mensonge devient communication.
La violence devient contenu.
La dépendance devient marché.
L’humiliation devient spectacle.

Le plus dangereux n’est pas l’existence du mal.
Le plus dangereux, c’est sa banalisation.

Quand le mal devient normal, la conscience s’endort.
Quand tout se vaut, plus rien n’est sacré.

Et pendant que l’on banalise, on construit.

Car toute société bâtit quelque chose.
Si elle ne construit pas un sanctuaire pour la vérité,
elle érige un système pour l’illusion.

Il n’y a pas de neutralité.
Chaque loi votée, chaque culture promue, chaque valeur répétée pose une pierre.

Mais nous ne nous habituerons pas.
Nous ne dirons pas que le mal est inoffensif.
Nous ne laisserons pas l’obscurité devenir décor.

Ce que nous tolérons finit par nous façonner.
Ce que nous construisons finit par nous contenir.

Alors nous choisirons de bâtir autrement.
Car un temple ne se construit pas avec l’opinion dominante,
il se construit avec la conviction.

La Haftarah éclaire cela :
Salomon ne demande ni richesse ni domination, mais la sagesse pour discerner entre le bien et le mal.

“Donne à ton serviteur un cœur qui écoute.” (1 Rois 3:9)
“Donne-moi maintenant sagesse et connaissance.” (2 Chroniques 1:10)

Le roi Salomon veut construire le Temple de Jérusalem ; alors il demande à Dieu la sagesse pour le construire.
Il demande un cœur pur, mais là aussi l’Écriture voile sa demande : à travers cette demande, Salomon demande le Messie.
Il le nomme sagesse et connaissance.

Yeshoua est décrit comme la sagesse et la connaissance.

Et Colossiens pose le sceau :
“En lui sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance.” (Colossiens 2:3)

Le Temple ultime n’est pas seulement une pierre :
il est une demeure vivante.

La Torah prépare l’espace : elle distingue, elle tranche, elle empêche la normalisation du mal.
Et Yeshoua devient le centre, le Temple vivant, la demeure réelle.

Et là, le roi Salomon va plus loin dans sa demande ; il dit :
« Afin que je discerne le bien et le mal ».
Salomon ne veut pas se tromper ; il sait combien le diable se déguise en ange de lumière.
Il veut construire son temple avec Yeshoua, le Messie, afin d’avoir tout le discernement nécessaire pour partir en guerre contre le mal.

Nous vivons un temps de réveil des consciences.
Dieu parle aux cœurs, parfois en dehors des cadres religieux,
mais le but reste le même : ramener les âmes à la lumière.

Il existe des temples de l’ombre, bâtis sur la dissimulation et l’impunité.
Et il existe un Temple du bien, bâti sur la séparation, l’élévation, le discernement.

La guerre entre le bien et le mal est une guerre d’appartenance :
à quoi consacres-tu ta part ?

Terouma dit : élève ta part.
Salomon dit : donne-moi le discernement.
Colossiens révèle : tous les trésors sont en Yeshoua.

Nous sommes un peuple puissant : prenons-en conscience.

Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ?
Que les nations s’agitent, que les structures se fragilisent, que les coalitions se forment, aucune ne pourra renverser ce que Dieu bâtit.
Car lorsque l’Éternel est avec ceux qui construisent pour Lui, aucune guerre, pas même celle de Gog et Magog, ne peut détruire l’œuvre qu’Il établit.

Car le Temple vivant n’est pas une construction de pierre.
Il n’est pas enfermé dans une géographie.
Il n’est pas limité par un territoire.

Le Temple vivant est une croissance.

Chaque cœur séparé devient une pierre.
Chaque conscience réveillée devient une colonne.
Chaque acte de vérité devient une poutre invisible.

Yeshoua n’est pas seulement le fondement.
Il est la structure.
Il est la pierre angulaire.
Il est l’architecture intérieure.

Plus les structures de l’ombre s’organisent,
plus la lumière s’intensifie chez ceux qui discernent.

Car le Royaume ne progresse pas par agitation.
Il progresse par habitation.

Le Temple vivant ne s’impose pas par la force.
Il s’étend par la Présence.

Et c’est cela la vraie croissance.

Pas une croissance médiatique.
Pas une croissance politique.
Une croissance spirituelle.

Invisible aux yeux du monde,
mais réelle dans les cœurs.

Plus un homme refuse la corruption,
plus le Temple s’agrandit.

Plus un peuple décide de ne pas normaliser le mal,
plus l’espace de Dieu s’élargit sur la terre.

C’est ainsi que le Temple vivant avance.

Il ne remplace pas le monde par violence.
Il le transforme par irradiation.

Il ne détruit pas par domination.
Il absorbe par lumière.

Et lorsque la lumière augmente,
les ténèbres disparaissent.

C’est pourquoi la guerre actuelle n’est pas seulement une guerre d’idées.
C’est une guerre de croissance.

Quel royaume s’étend ?
Celui qui fait le plus de bruit ?
Ou celui qui habite le plus profondément ?

Le Temple vivant grandit là où l’on consacre.
Il grandit dans la fidélité cachée.
Il grandit dans la séparation silencieuse.
Il grandit dans la persévérance.
Il grandit dans la sainteté quotidienne.

Et un jour, cette croissance invisible deviendra visible.

Yeshoua grandit lorsque le discernement grandit.
Il prend de la place lorsque le cœur se purifie.
Il devient central lorsque l’âme cesse de se disperser.

Et plus Il grandit, moins les faux temples peuvent tenir.

Car un faux temple tient par illusion.
Le Temple vivant tient par vérité.

Et à la fin, ce n’est pas le mal qui gagne.
C’est Dieu qui établit Son Royaume à travers nos âmes.

Shabbat Shalom 

L . B

Lecture de la parasha : Exode: Chapitre 25 verset 1 à chapitre 27 verset 19.

Lecture de la haftarah : 1 Rois: Chapitre 5 verset 26 (ou 12 bible ch) à chapitre 6 verset 13.

Lecture messianique : Hébreux: Chapitre 8 verset 1 à 5. 

Chapitre 9: 11.12. 23,24.et 10 :1.

Jean; 1.14


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