Quand la lumière éclaire toute la maison.
Paracha Tetsavé.
Après Terouma, où l’on construit un Temple pour Dieu, un espace pour qu’Il vive en nous, Tetsavé commence par une demande simple : dans cet espace, Dieu veut de l’huile et une lumière qui ne s’éteint pas, comme si Dieu disait : « Tu m’as fait une place ; maintenant, laisse-moi la remplir. »
S’ensuit la description du vêtement pour Aaron, avec le pectoral et ses 12 pierres, et les offrandes de sacrifices.
Parfois, on ne s’en rend pas bien compte de la situation : on vit comme si Dieu était notre locataire, comme s’Il occupait une petite pièce, un coin de notre vie, un moment du jour, alors que nous sommes ce Temple, pas seulement avec un petit espace pour Dieu, mais avec tout notre être comme sanctuaire. Et ce Temple ne m’appartient pas : Dieu en est le Propriétaire, et moi, je ne suis pas le maître du lieu, je suis le locataire, l’intendant ; je Lui rends toute la place.
Parce que le vrai sujet n’est pas seulement « croire en Dieu ». Le vrai sujet, c’est : qui est au centre de ma vie ? Qui dirige mes pensées ? Qui dirige mes décisions ? Qui dirige mes réactions ? Parce que tant que je suis au centre, je peux faire des choses bien, mais ce bien peut rester mon bien, mon idée, mon temps, mon impulsion, mon besoin de contrôler, mon besoin d’être utile, mon besoin d’être reconnu, mon besoin d’avoir raison ; et même quand c’est généreux, ce n’est pas forcément ce que Dieu voulait.
Alors il y a une bascule, et cette bascule a une phrase qui résume tout : Galates 2:20 : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Messie qui vit en moi… ». Et ça ne veut pas dire « je n’existe plus » : ça veut dire que je ne suis plus le centre, je ne gouverne plus tout, je ne fais plus « mes plans » en demandant ensuite à Dieu de bénir ; je cesse de gérer la maison comme si j’étais propriétaire.
À partir de là, ce n’est plus « je fais des œuvres pour Dieu », c’est Dieu qui fait Son œuvre en moi, comme il est écrit : Philippiens 2:13 — « …c’est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire… ». Donc même le « vouloir » change, même l’élan intérieur change, et c’est là que l’image du Propriétaire devient sérieuse, parce que je ne signe pas un petit bail temporaire : je signe un contrat d’évidence pour le paradis. Un engagement qui n’est pas une location saisonnière, c’est une habitation éternelle, une place donnée sans date de fin.
Tetsavé insiste sur une lumière entretenue, ce qui veut dire : pas une foi par épisodes, pas un grand moment puis plus rien, pas une émotion puis une fatigue, mais une présence qui reste, qui demeure, qui se maintient allumée en continu. Et c’est par cette continuité que l’on progresse, et la parole le dit : Jean 15:4-5 : « Demeurez en moi… Celui qui demeure en moi… porte beaucoup de fruit. »
C’est laisser Dieu faire le bien à travers nous, le laisser agir toutes les fois qu’Il en a besoin, toutes les fois où une bonne action Lui est nécessaire, toutes les fois où quelqu’un a besoin d’aide, qu’Il puisse interagir au moment précis à travers nous.
Le texte nous parle ensuite de la Ménorah, et ce n’est pas juste « sept flammes », c’est une image puissante : une maison intérieure, un Temple intérieur, avec des pièces, et Dieu qui ne veut pas éclairer une seule pièce mais toute la maison, tous les endroits du corps, tous les recoins, même les zones cachées, même les zones sombres. Et il y a un verset qui le dit de manière limpide : Matthieu 5:15 : « …on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. » Alors la question devient très simple et très spirituelle : est-ce que la lumière de Dieu éclaire seulement une partie de ma vie ou bien toutes les pièces ? Parce qu’il y a toujours des pièces qu’on garde fermées, des zones qu’on contrôle, des habitudes qu’on protège, des réactions qu’on excuse, des blessures qu’on cache, des peurs qu’on nourrit, des colères qu’on justifie, des pensées qu’on laisse tourner en boucle. Et là, la Torah dit : l’huile doit être pure, la lumière doit être entretenue, et un autre verset l’appuie : Luc 11:36 : « …si ton corps est tout entier plein de lumière… il sera tout lumineux. » « Tout entier », pas une pièce, pas un coin, pas un jour sur deux : tout le temps.
Et il y a encore ce verset qui est comme une lampe qui va chercher les recoins : Proverbes 20:27 : « L’esprit de l’homme est une lampe… elle sonde les profondeurs du cœur. » Donc Dieu ne veut pas seulement illuminer ce que je montre, Il veut aussi illuminer ce que je cache ; Il veut aller dans les pièces du fond, les placards, les couloirs, les caves de l’âme, pas pour humilier, mais pour y habiter, pour guérir, pour purifier, pour rendre tout lumineux. Alors la Ménorah devient une image très concrète : les sept lumières, c’est la lumière de Dieu dans sept « pièces » de ma vie, et je Lui laisse la place :
dans la pièce de ma bouche (mes paroles),
dans la pièce de mes yeux (mon regard),
dans la pièce de mes pensées (mes raisonnements),
dans la pièce de mon cœur (mes réactions),
dans la pièce de mes mains (mes actions),
dans la pièce de ma volonté (mes décisions),
dans la pièce de mon temps (mon rythme),
et tout cela revient à une seule question : est-ce que Dieu est « logé » chez moi, ou est-ce qu’Il est chez Lui ? Parce que tant qu’Il n’a pas toutes les clés, il y aura toujours une pièce sombre ; et tant qu’il y a une pièce sombre, les mauvais penchants agissent et nous font faire des choses peu recommandables, et ce n’est pas ce que Dieu voulait.
Dieu ne veut pas seulement habiter à l’intérieur, Il veut que l’intérieur s’exprime à l’extérieur. Et les vêtements d’Aaron nous enseignent que l’apparat du vêtement n’est pas un décor religieux : ils symbolisent quelque chose de très simple ; ce qui est en toi doit maintenant t’habiller. Parce que si Dieu est en toi, alors cela doit ressortir dans ta manière de parler et ta façon de regarder, dans tes choix, dans tes gestes, dans ton rythme, dans ta manière d’aimer. Et le vêtement dit : tu ne portes pas une image, tu ne portes pas une fonction, tu ne portes pas un titre, et tu ne les portes pas pour te montrer ; tu les portes pour que Lui puisse agir à travers toi.
Les vêtements du service ne sont pas une façade, ils sont comme une langue silencieuse : ils disent que l’invisible a toujours un reflet. Et l’Écriture le dit avec une image magnifique : Ésaïe 61:10 : « …il m’a revêtu des vêtements du salut, il m’a couvert du manteau de la justice… » Ce n’est pas seulement un manteau sur nos épaules, c’est une réalité spirituelle : Dieu nous revêt, comme une protection. Et le Nouveau Testament le formule ainsi : Romains 13:14 — « Revêtez-vous du Seigneur… » : revêtez-vous du Messie Yeshoua, que sa vie nous recouvre, que sa justice nous habille de ses paroles, de ses choix, de ses gestes, comme une reconnaissance invisible pour le monde, mais visible pour ceux qui sont esprit. Les rayonnements de l’âme se parent de couleurs profondes, des couleurs de sanctuaire, pourpres et violettes, nuances royales qui ne cherchent pas à séduire mais à signifier, avec cet éclat d’or : la sainteté, qui ne vient pas d’une émotion mais d’une présence, comme une signature intérieure que seule l’âme discerne, comme une reconnaissance spirituelle silencieuse où les âmes se lisent sans se parler, parce qu’il y a des reflets qui ne s’expliquent pas, mais qui se reconnaissent.
Et puis viennent les douze pierres du pectoral, et là encore ce n’est pas de la décoration : c’est une musique silencieuse, une gamme, un accord, parce que l’âme a une fréquence, et quand Dieu habite cette fréquence, tout devient juste, elle s’accorde, elle s’aligne. Et toutes ensemble, posées sur le cœur, elles forment une unité : plusieurs notes, un seul accord ; plusieurs couleurs, une seule harmonie, enchâssée par l’or de la sainteté, reliée sur la fréquence de Dieu. Et le pectoral devient un signe invisible, une reconnaissance que le monde n’entend pas, mais seulement Dieu reçoit cette fréquence comme une onde sonore spirituelle.
Ce Temple en nous fait de nous une nouvelle personne qui vit pour Dieu. La vie continue avec ses obligations, mais avec une perspective d’éternité, une vie utile au monde et utile pour nous, parce que cette vie pour Dieu en nous devient la possibilité d’apporter une lumière qui apporte la guérison du cœur dans ce monde malade. Et le texte de la parasha se termine avec la consécration de ce Temple : il doit être consacré, comme il est écrit : Romains 12:1 : « …offrez vos corps comme un sacrifice vivant… » Et cela veut dire : pas seulement une pensée, pas seulement une émotion, pas seulement « quand ça va », mais une consécration totale. Et là, tout s’aligne : l’huile, la présence entretenue ; la lumière dans toutes les pièces ; les vêtements, l’intérieur qui s’exprime ; les pierres, le cœur accordé ; et l’inauguration : une vie remise à Dieu.
Alors oui : je ne traite plus Dieu comme un locataire de passage, je ne Lui loue plus un petit espace, je Lui donne toutes les clés, je Lui laisse la maison entière. C’est Sa vie qui passe à travers moi. Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Messie Yeshoua qui vit en moi, parce que je Lui ai donné ma vie.
Shabbat shalom.
L . B
Lecture de la parasha: Exode: Chapitre 27 verset 20 à chapitre 30 verset 10.
Lecture de la haftarah: Ezéchiel: Chapitre 43 verset 10 à 27.
Lecture messianique:
Matthieu 5; 14-16.
Hébreux 4; 14-16.
Hébreux 7; 23-27.
Apocalypse 1; 5-6.

