La vérité qui libère.
La parasha Vaéra est un tournant, parce qu’on n’est plus dans la promesse seulement. Vaéra montre une autre réalité, une réalité plus profonde, plus intérieure, plus vraie, parce que lorsque Dieu commence à agir, le combat devient visible, la confrontation devient directe, et ce qui était caché dans l’ombre se révèle.
Vaéra, c’est la rencontre de deux royaumes, la rencontre de deux “trônes”, et ce choc fait apparaître une loi spirituelle que l’on retrouve partout dans l’Écriture : la sainteté de Dieu ne cohabite pas avec le mal, elle le confronte, elle le révèle, elle finit par le briser. C’est pour cela que la confrontation commence par un signe. Le bâton de Moïse : c’est un symbole d’autorité donnée par Dieu, un signe que Dieu a choisi un envoyé, un rappel que la puissance véritable ne vient pas des systèmes humains, ni des religions, ni des imitations, mais de l’appel divin. Et quand ce bâton devient serpent, on comprend que le combat ne se fera pas seulement par des mots, mais par la puissance de Dieu. Une confrontation entre la vérité et ses contrefaçons, entre l’authentique et l’imité, entre le vrai et sa copie.
Car le mal ne crée rien, il imite tout.
Les magiciens ne créent rien, ils copient les codes de la vérité, ils reprennent le vocabulaire, ils promettent une puissance, ils promettent une révélation, ils promettent une lumière, mais ils détournent de la vraie rencontre. Et c’est exactement ce que font les faux messies, les fausses voies, les fausses sécurités, les fausses lois spirituelles : elles ressemblent à la vérité juste assez pour tromper, mais elles ne possèdent pas la vie. Le mal peut copier, mais il ne peut pas vaincre.
Le bâton de Moïse va avaler les serpents des magiciens de Pharaon, car il n’y a pas plusieurs vérités qui cohabitent : quand la vérité demeure, elle absorbe les illusions, elle met fin aux copies, elle ferme la porte aux mensonges.
C’est là qu’on comprend pourquoi Yeshoua est au centre de cette confrontation, parce que ce que Moïse vit devant Pharaon annonce ce que Yeshoua vivra, car Lui aussi sera confronté aux chefs religieux, aux attentes déformées, à tous ces serpents qui cherchent à empêcher la rencontre réelle. Et c’est ce qui nous arrive à nous aussi, et c’est pourquoi la confrontation est inévitable : parce que le faux doit être exposé, le mensonge doit être révélé, les illusions doivent être avalées, et le cœur changé.
Car le cœur de l’homme est le vrai champ de bataille. Pharaon n’est pas seulement un homme, il est un principe, Pharaon est le trône intérieur, le cœur de l’homme qui refuse de céder la place à Dieu, le cœur qui veut garder le contrôle. Et c’est pour cela que le texte insiste sur l’endurcissement du cœur.
Vaéra nous apprend que Dieu nous confronte avec ce qu’il y a de plus sombre en nous afin de nous libérer.
Et cette libération passe par des étapes progressives, parce que Dieu ne renverse pas l’Égypte d’un seul coup : Il la démonte pièce par pièce, idole par idole, illusion par illusion. Et c’est exactement ce qui se passe aussi dans une délivrance intérieure : parce qu’avant de faire sortir Israël d’Égypte, Dieu fait sortir l’Égypte du cœur. Et les dix plaies deviennent alors une lecture intérieure, comme si Dieu entrait dans les chambres de notre âme pour renverser ce qui y régnait.
La première plaie, l’eau changée en sang, c’est le Nil, la source principale de l’Égypte, et Dieu montre que cette source finit par mener à la mort : la source de tous ces faux dieux que l’on a adorés par méconnaissance, elle ne mène à rien, elle n’est pas la vraie source du Créateur, Dieu d’Israël.
La deuxième plaie, les grenouilles, c’est ce faux sacré qui envahit la maison, la cuisine, la nourriture, le lit, comme une spiritualité envahissante qui n’a plus de limites, comme des habitudes consacrées à autre chose qu’à Dieu ; sur ce qui a occupé nos espaces, nos tables, nos fêtes, nos repères, nos maisons, avec ses statues posées sur nos murs, nos fétiches, nos temps libres perdus à faire n’importe quoi.
La troisième plaie, les poux, la vermine, c’est le moment où l’imitation s’arrête, parce que les magiciens n’arrivent plus à reproduire, et ils disent :
“C’est le doigt de Dieu qui est là”, ce qui veut dire que l’homme touche une limite, que le mensonge touche une frontière, et que Dieu se rend indéniable. Et à cet instant, quelque chose se fissure en nous, parce que ce sur quoi nous avions bâti commence à tomber, et on découvre que Dieu est là. Il existe, non pas comme on l’avait imaginé, mais comme une vérité qu’on ressentait sans en avoir conscience.
La quatrième plaie, c’est la confusion qui devient impossible à gérer, mais c’est aussi le début d’une séparation, parce que Dieu commence à distinguer ce qui Lui appartient de ce qui ne Lui appartient pas. Et on comprend qu’on ne peut plus vivre dans le mélange, ni dans le compromis : c’est le moment de la séparation.
La cinquième plaie touche la croyance, la foi, la conviction, qui t’a rendu spectateur d’une idéologie religieuse, et Dieu y touche comme un désenvoûtement, pour donner une nouvelle vision, non pour te détruire, mais pour détacher notre cœur de l’emprise de ce qui nous enchaîne, afin que la foi revienne à Dieu seul.
La sixième plaie, les ulcères, c’est l’effondrement des illusions mentales et intellectuelles, des systèmes où on pensait tout connaître, tout contrôler, où on croyait avoir Dieu dans des formules et dans notre savoir, notre connaissance biblique, notre apprentissage théologique. Mais Dieu touche là où on pensait être fort, et on réalise que la connaissance ne nous sauve pas, et que la religion sans vérité ne nous guérit pas.
La septième plaie, la grêle mêlée de feu, c’est la chute de notre raisonnement fataliste sur la position religieuse, des cycles et du destin, de ce qui ressemble à la fatalité, à cette voix qui dit : “c’est écrit, c’est comme ça”, “les livres religieux ont dit ça, on n’y peut rien”. Et Dieu montre que le ciel n’est pas un dieu, que les éléments ne règnent pas, que les cycles ne gouvernent pas la destinée, car le ciel obéit au Créateur. La grêle de feu met fin à la résignation : le cycle est brisé, pour enfin suivre Dieu, et se réorienter vers les repères du shabbat, des fêtes et des rendez-vous que Dieu fixe avec nous.
La huitième plaie, les sauterelles, c’est quand ce qui est encore faux persiste, quand l’espoir humain s’épuise, quand on touche le fond de notre univers religieux, quand on ne peut plus s’accrocher à ce qui nous restait. Et pourtant, c’est là qu’un autre espoir peut naître, parce que Dieu enlève les faux appuis pour qu’on apprenne à marcher autrement : non pas sur ce qui reste, car Dieu enlève tout ce en quoi on croyait pouvoir s’appuyer. Et c’est parce qu’il ne reste rien que Dieu peut se révéler en esprit et en vérité.
La neuvième plaie, les ténèbres, c’est la chute de l’orgueil spirituel, parce que la fausse lumière s’éteint, et on comprend que la vraie lumière n’était pas là. Car il existe une nuit qui tombe précisément sur ce qui se croyait éclairé, pour que l’homme cesse d’adorer sa propre intelligence et cherche la lumière de Dieu. Dieu éteint la pensée pour y déposer Sa lumière. C’est la nuit où la peur lâche prise, parce que la joie approche.
Et la dixième plaie touche le cœur, elle touche le trône, elle touche le maître intérieur, parce que Pharaon est ce “moi” qui retient, qui contrôle, qui refuse de laisser sa place : ses habitudes, sa tradition, son appartenance, son système communautaire qui le retient encore. Et quand Dieu frappe là, c’est ce qu’il y a de plus dur : les sentiments, les émotions, les certitudes d’une vie entière s’effondrent, comme un coup final qui stoppe notre errance. Pour que le trône change de propriétaire, pour que Pharaon ne soit plus ton maître, et pour que tu puisses dire enfin : ce n’est plus l’Égypte qui règne en moi, c’est le Dieu d’Israël. C’est la seule et unique source de vérité qui coule dans les veines. Dieu frappe ce faux messie, ce faux fils, pour que tu accèdes à Yeshoua, l’Elohim : c’est Lui seul qui a droit sur ta vie, maintenant, si tu prends conscience que désormais Il est ton Dieu d’Israël.
Et c’est pour cela qu’Il ne nous laisse aucune autre source : Il ramène tout au Dieu d’Israël, au seul trône légitime.
Et c’est là le message de Vaéra : Dieu ne fait pas que sortir un peuple d’un pays, Il fait sortir le cœur d’un règne. Il expose les contrefaçons, Il dévoile les idoles, Il brise les faux appuis, Il détrône Pharaon, et Il conduit l’homme à la vraie rencontre. Parce qu’au bout de la confrontation, il ne reste pas une théorie, il ne reste pas une religion, il ne reste pas une imitation, il reste une chose : le trône rendu à Dieu, et la liberté qui commence quand Yeshoua est Elohim dans ta vie.
Elohim est un mot de forme plurielle, mais employé au singulier pour parler du Dieu unique. Dire “Yeshoua est Elohim”, c’est dire : le Dieu d’Israël s’est rendu visible et s’est approché de nous en Yeshoua.
Aucun faux dieu, aucune idole du cœur, aucun système religieux ou spirituel ne peut tenir devant Lui.
Il est la réalité devant laquelle toutes les copies s’effondrent.
Yeshoua ne vient pas négocier avec l’Égypte intérieure, Il vient la renverser.
Il ne partage pas le trône, Il le reprend.
Il ne se contente pas d’éclairer l’homme, Il le délivre de ce qui le gouvernait.
Yeshoua, Lui, ne promet pas seulement la vie : Il est la Vie.
C’est pourquoi la confrontation est nécessaire : parce que la vérité ne peut pas cohabiter avec le mensonge, et parce que l’amour de Dieu est assez puissant pour briser ce qui asservit.
Vaéra nous conduit à ce point de vérité absolue :
soit Pharaon règne encore,
soit Yeshoua est Roi.
Et quand Yeshoua devient Roi, l’Égypte tombe, les idoles se taisent, le cœur est libéré, et la vraie vie commence comme une vraie résurrection.
Shabbat shalom
L . B
Lecture de la parasha: Exode: Chapitre 6 verset 2 à chapitre 9 verset 35.
Lecture de la haftarah: Ezekiel: Chapitre 28 verset 25 à chapitre 29 verset 21.
Lecture messianique: Romains: Chapitre 9 verset 14 à 17. 1Corinthiens: Chapitre 6 verset 14 à Chapitre 7 verset 1.

