Parasha Vayakel


Samedi 22 mars 2025


L’Œuvre Cachée de la Réparation.

L’Œuvre Cachée de la Réparation.

La parasha Vayakel, qui veut dire « Il rassembla », décrit principalement la construction du Tabernacle avec l’appui de deux personnages, Betsalel et Oholiab, habilités à l’ouvrage, et l’engagement du peuple à participer à cette œuvre sacrée. Et ce texte met en avant le Shabbat.

La parasha Vayakel nous plonge dans un moment fort : Moïse rassemble le peuple d’Israël pour construire le Tabernacle. Mais au-delà des aspects techniques, cette parasha révèle une profonde dynamique spirituelle qui touche à la réparation du monde (Tikkoun Olam).

La vision que nous délivre cette parasha s’oriente sur le devoir de l’humanité : participer à la réparation du monde. Elle nous ouvre une fenêtre sur les mondes supérieurs, ces sphères spirituelles qui traduisent une réalité divine infinie et indéfinissable.

Moïse rassemble le peuple : Il exprime l’idée que notre monde est imparfait depuis la chute d’Adam et que ce monde a besoin d’être réparé. Dans une continuité simplifiée des choses visibles, la faute du veau d’or exprime la faute d’Adam et Ève qui a provoqué une rupture avec Dieu, créant une dissonance entre l’humanité et Dieu. Une séparation entre l’homme et Dieu. L’homme, ayant choisi de suivre le mal, fut envoyé sur la terre pour réparer la faute dont tous les humains sont responsables, car tous étaient conçus en Adam.

En raccourci de l’histoire de l’humanité, chaque être humain est en devoir de donner sa part à la réparation du monde par l’élévation de son âme, avec une âme qui renferme la lumière de Dieu comme dans un vase fermé qu’il devra ouvrir en revenant vers Dieu, pour libérer la lumière par ses actions envers l’Éternel. C’est ce qui est défini par les actions dans notre monde réel.

Cette part d’ombre que nous portons en nous-mêmes est nommée le penchant du mal, appelé en hébreu le Yetser Hara, qui est perçu comme une force d’égoïsme et de désir excessif, comme une énergie puissante, qui pousse vers le  moi-Je , les désirs matériels et les plaisirs immédiats.

Vayakel met en lumière deux dimensions fondamentales :

  • Le monde de l’action (Assiyah) : Monde matériel, dominé par les actes concrets et les épreuves du quotidien.
  • Le monde de la conscience (Beriyah) : Monde de l’intention et de la pensée pure, où les idées naissent sans encore se matérialiser.

Ces deux sphères relèvent de la réalité terrestre et spirituelle, marquée par les tensions entre le bien et le mal. Elles sont le domaine du combat spirituel, des épreuves, mais aussi des actes concrets qui révèlent la sainteté cachée.

Le défi spirituel est d’unir ces deux dimensions :

  • Relier l’intention à l’action Transformer les pensées profondes en actes concrets.
  • Relier la conscience spirituelle aux émotions Sanctifier les désirs et les sentiments pour qu’ils deviennent des instruments du bien.

C’est en cela que nous, humains, sommes confrontés physiquement et mentalement depuis notre venue au monde.

Betsalel et Oholiab : Deux figures de réparation. Les artisans choisis pour bâtir le Tabernacle portent des noms riches de sens :

  • Betsalel, qui veut dire « Dans l’ombre de Dieu », incarne la conscience qui a la capacité de capter l’inspiration divine et de la traduire en bonne intention.
  • Oholiab, qui veut dire « Tente de mon Père », rappelle que chaque acte volontaire envers Dieu devient une action qui prépare la demeure pour la présence de Dieu le Père.

Ces deux figures montrent que chacun, avec ses talents propres, peut participer à la réparation du monde en liant le spirituel au concret, l’intention à l’action.

On retrouve cette dynamique lorsque le peuple répondit à l’appel pour construire le Tabernacle, ils apportèrent des dons bien plus que ce qui était nécessaire. Cet élan du cœur manifeste une transformation de l’intention à l’action.

Avant même de parler du Tabernacle, Moïse rappelle l’importance du Shabbat. Pourquoi ? Parce que le Shabbat est une échelle spirituelle qui permet à l’homme de s’élever du monde de l’intention (Beriyah) vers celui de l’action (Assiyah).

Le Shabbat devient alors une porte d’accès à l’harmonie entre ces deux réalités.

Yeshoua incarne parfaitement cette réparation. Par Son enseignement, Il élève les consciences vers les mondes supérieurs. Par Ses actes et Son sacrifice, qui est une action, Il descend jusque dans les profondeurs du mal pour en extraire les étincelles perdues.

Ainsi, la parasha Vayakel nous invite à : sanctifier le Shabbat pour élever notre intention en action afin de transformer notre Yetser Hara en moteur de réparation.

Shabbat Shalom

L .B

Lecture de la parasha : Exode, chapitre 35 verset 1 à chapitre 38 verset 20.
Lecture de la haftarah : 1 Rois, chapitre 7 versets 13 à 26.
Lecture messianique : Hébreux, chapitre 9 versets 1 à 14 ; 2 Corinthiens, chapitre 9 versets 1 à 15 ; Apocalypse, chapitre 11 versets 1 à 13.


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