Parasha Béréshit 2026


AVANT LE COMMENCEMENT!

La parasha Béréshit est une immense parasha. Elle ne raconte pas seulement la création du monde. Elle pose pratiquement toutes les grandes questions de l’existence : la lumière et les ténèbres, l’homme et la femme, le bien et le mal, l’obéissance, le péché, la vie et la mort, le serpent, la violence, Caïn et Abel, Hénoch, puis finalement une humanité qui s’éloigne progressivement de Dieu.

Tout commence par ces mots :

« Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. »

Béréshit signifie : au commencement.

Mais au commencement de quoi ? 

D’un monde nouveau ? 

Dans nos textes bibliques, l’évocation de réalités antérieures laisse planer une interrogation : notre monde visible est-il vraiment toute l’histoire ?

Certaines anciennes paroles des maîtres d’Israël vont étonnamment plus loin.

Dans Béréshit Rabbah 3; 7, Rabbi Judah Bar Simon interprète l’expression « et il fut soir » comme laissant entendre qu’il existait déjà un ordre des temps antérieur.

Puis Rabbi Abbahou prononce cette étrange parole : Dieu créait des mondes et les détruisait, jusqu’à ce qu’Il crée celui-ci.

Le livre de Job donne une petite ouverture sur ce mystère.

Lorsque Dieu parle à Job de la création, Il lui demande :

« Où étais-tu quand je fondais la terre ? »

Puis Il décrit le moment où les fondements de la terre furent posés, tandis que les étoiles du matin chantaient et que les fils de Dieu poussaient des cris de joie.

Cela signifie au minimum une chose : lorsque la terre est fondée, une réalité céleste existe déjà et contemple l’œuvre de Dieu.

Cela ne prouve pas qu’il existait avant Adam une autre humanité semblable à la nôtre, ni qu’une civilisation humaine aurait vécu sur une autre terre. Mais cela nous permet d’envisager que notre monde humain ne représente pas nécessairement toute l’histoire de la création.

Nous pouvons alors entendre la question que les sages eux-mêmes ont osé poser :

Notre monde était-il vraiment la première terre créée par Dieu ?

Et finalement, au milieu de cette création, Dieu prononce une parole différente de toutes les autres :

« Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine… »

Et peut-être que toute la révélation de Béréshit est déjà là.

Pourquoi créer cette terre ? 

Pourquoi faire apparaître une humanité ?

Peut-être parce que Dieu voulait établir sur la terre un lieu où Son règne serait visible.

L’homme n’est donc pas seulement créé pour vivre. Il est créé pour porter une image, recevoir une responsabilité et représenter Dieu sur la terre.

Et cela change complètement notre manière de regarder la création.

Dieu construit un espace dans lequel Son règne peut se manifester sur la terre.

Mais comment ce projet devait-il trouver son accomplissement ?

Et c’est précisément ici que le Messie commence à apparaître.

Les textes du Nouveau Testament donnent une réponse étonnante.

Jean écrit :

« Au commencement était la Parole. »

Puis :

« Toutes choses ont été faites par elle. »

Hébreux dit que Dieu a créé les mondes par le Fils.

Et Colossiens prononce cette phrase extraordinaire :

« Tout a été créé par Lui et pour Lui. »

Voilà peut-être la clé.

Par Lui. Et pour Lui.

Le monde n’est donc pas seulement créé avec le Messie. Il est orienté vers Lui.

Le Messie n’est pas une solution apparue après la chute d’Adam. Avant même le péché, le dessein messianique était déjà là.

Et cela rejoint de manière étonnante certaines pensées anciennes d’Israël.

Dans les écrits de Béréshit Rabbah, le nom du Messie est présenté comme appartenant au dessein antérieur à la création. Un autre passage interprète même le souffle qui plane sur les eaux en Genèse 1, comme le souffle du Roi Messie.

Et dans l’ancienne littérature juive attribuée à Hénoch, le Fils de l’homme est présenté comme désigné devant Dieu avant le soleil et les étoiles.

Alors peut-être faut-il retourner à notre première question : pourquoi Dieu crée-t-Il cette terre ?

Colossiens répond : pour Lui. Pour le Messie.

Et soudain, toute l’histoire biblique prend son sens. Dieu crée une terre, y place l’homme à Son image et lui confie une autorité. Puis Il demande à Israël de construire un sanctuaire afin d’habiter au milieu de Son peuple. Le Tabernacle apparaît, puis le Temple, mais aucune de ces demeures ne représente encore l’accomplissement final.

Alors vient Yeshoua, l’image du Dieu invisible. Jean nous dit : « La Parole devint chair et habita parmi nous. » Ce qu’Adam devait refléter, le Messie le manifeste pleinement. Et par Son Esprit, Dieu vient désormais habiter en ceux qui Lui appartiennent, faisant d’eux Son lieu de résidence.

Ainsi, de Béréshit jusqu’au Messie, une même intention traverse les Écritures : Dieu prépare une demeure où Son règne sera manifesté.

Et comme l’annonce Ephésiens, Son projet est de réunir toutes choses dans le Messie, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre.

Jean 17 nous ramène encore avant Béréshit.

Yeshoua dit au Père :

 Tu m’as aimé avant la fondation du monde. 

Puis Il demande que ceux que le Père Lui a donnés soient avec Lui et voient Sa gloire.

Dès Béréshit, l’homme reçoit cette bénédiction : être fécond, multiplier et remplir la terre. Et si, à travers cette humanité appelée à porter Son image, Dieu préparait déjà la manifestation de Sa gloire sur toute la terre ?

Tous ces questionnements nous ramènent à notre parasha, qui mentionne Hénoch, comme pour nous inviter à découvrir une autre dimension du projet divin.

Le Livre d’Hénoch nous ouvre une perspective particulièrement saisissante sur la destinée de la terre. Sur l’avant et l’après des créations de Dieu. Il y est question de la manifestation de l’Élu, que nous pouvons reconnaître, dans notre lecture messianique, comme une figure du Messie, mais également du jugement final, de la disparition du mal et de la transformation des cieux et de la terre.

Dans Hénoc 45; 3-5, nous découvrons cette annonce extraordinaire :

« En ce jour, mon Élu siégera sur le trône de gloire et jugera leurs œuvres. Je ferai demeurer mon Élu au milieu d’eux. Je transformerai le ciel et j’en ferai une bénédiction éternelle et une lumière. Je transformerai la terre et j’en ferai une bénédiction. Mes élus y habiteront, mais les pécheurs et les méchants n’y poseront pas le pied. »

Ce passage nous révèle une perspective remarquable : la création ne semble pas destinée à disparaître dans le néant, mais à connaître une transformation définitive. Le mal n’aura plus sa place, la justice sera établie et l’Élu demeurera au milieu de ceux qui appartiennent à Dieu.

Plus loin, dans Hénoc 51, la terre est décrite comme rendant ceux qui lui ont été confiés. Le séjour des morts restitue également ce qu’il a reçu. L’Élu se lève, rassemble les justes et les saints, puis siège sur le trône qui lui est donné. Sa bouche révèle les secrets de la sagesse et du conseil divin.

C’est l’annonce d’une restauration qui dépasse la mort elle-même.

Hénoc 91 nous entraîne encore plus loin. Le premier ciel passe, un nouveau ciel apparaît et le péché disparaît de l’ordre à venir.

Nous ne sommes plus seulement devant la fin d’une époque, mais devant l’achèvement d’un immense dessein universel.

Alors, une question pourrait se poser :

Et si cette terre était la dernière terre ?

Et si, dans le mystère des origines, il avait existé plusieurs terres, plusieurs étapes de la création, jusqu’à celle sur laquelle Dieu a choisi de conduire Son projet à son accomplissement ?

La première terre aurait pu être celle d’un commencement, d’autres terres celles d’étapes dont nous ignorons tout, et cette dernière, celle de la réparation et de l’accomplissement. Non plus seulement un monde créé par Dieu, mais une création destinée à vivre éternellement dans l’unité avec son Créateur.

Cette possibilité demeure une hypothèse, car les Écritures ne décrivent pas explicitement une succession de terres physiques. Mais elle nous invite à regarder autrement la création de Béréshit.

Peut-être cette terre est-elle celle où Dieu a choisi de conduire toute Son œuvre vers son accomplissement, jusqu’à la manifestation du Messie et à la réconciliation définitive entre le Créateur et Ses créatures.

La dernière terre ne serait donc pas celle de la destruction, mais celle de l’accomplissement. Non pas une terre abandonnée par Dieu, mais une terre renouvelée, où le Créateur et Ses créatures vivent dans une communion que le mal ne pourra plus briser.

Et si tout avait commencé pour cela ?

Si Dieu a donné à l’homme Son image, Son souffle et une autorité sur la création, ce n’était peut-être pas simplement pour qu’il habite la terre, mais pour qu’à travers lui, cette terre devienne le lieu où le règne de Dieu serait pleinement manifesté.

Alors la venue du Messie prend une dimension encore plus grande.

Yeshoua ne vient pas seulement sauver des hommes d’un monde condamné. 

Il vient réconcilier, restaurer et conduire à son accomplissement le projet de Dieu.

Comme l’annonce Paul, le Messie remettra finalement le Royaume à Dieu le Père, afin que Dieu soit tout en tous (1 Corinthiens 15;24-28).

Ainsi, de Béréshit à l’Apocalypse, un même fil traverse les Écritures : Dieu prépare Sa demeure, rassemble ceux qui Lui appartiennent et conduit Sa création vers Son accomplissement.

Et si ce monde était celui de la fin, celui où Dieu a choisi d’achever Son œuvre ? Le dernier monde ou Dieu s’est rendu visible à travers l’image du Messie, pour Son règne éternel, et tout trouve son accomplissement en Yeshoua.

Alors notre passage ici-bas prend une dimension bien plus grande que nous ne l’imaginons. Depuis le commencement, Dieu a tout préparé : Il nous a donné la vie, Son souffle, Sa Parole, Ses promesses, et jusqu’au Messie pour nous ouvrir le chemin du retour vers Lui.

Et si nous étions dans la dernière ligne droite de ce grand projet divin ? Alors nous ne sommes pas sur cette terre simplement pour vivre et disparaître, mais pour reconnaître notre Créateur, le Dieu d’Israël, et accueillir Yeshoua, le Messie qu’Il a envoyé.

Tout nous a été donné pour retrouver le chemin de Dieu. Mais ce chemin, c’est aujourd’hui qu’il nous appartient de l’emprunter. Nous ne savons pas combien de temps il nous reste, et ce n’est plus le moment de vivre comme si notre existence n’avait pas de destination.

Et si tout avait commencé pour cela ? Alors ne passons pas à côté de la raison même pour laquelle nous sommes venus sur cette terre, le temps semble de plus en plus court.

Shabbat shalom

L . B

Lecture de la parasha: 

Genèse: Chapitre 1 verset 1 à chapitre 6 verset 8.

Lecture de la haftarah: 

Esaïe: Chapitre 42 verset 5 à 21 et + à chapitre 43: 1 à 10.

Lecture messianique: 

Mathieu; 1;1 à 17. Jean; 1;1 à 17.

Jean: Chapitre 1 verset 1 à 18

Hébreux: 1:1 à 12. 

 3; 7 à 4; 11

Apocalypse : Chapitre 21:1 à 5  et 22:1 à 5.


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *