Parasha Ekev 2026


PARASHA EKEV

Regarde où tu mets les pieds.

Avec la parasha Ekev, Moïse poursuit les paroles adressées à cette nouvelle génération qui se tient devant le pays promis. Le texte s’inscrit dans la continuité avec la parasha Vaet’hanan de la semaine dernière. Moïse poursuit son discours d’avertissement en mettant cette fois en lumière les conséquences qui découleront des choix du peuple, qu’ils soient bons ou mauvais.

Le mot « Ekev » signifie , « en conséquence de ». 

Mais ce mot ekev évoque également un autre sens c’est:

 «  le talon ». La tradition juive a vu dans cette image les commandements que l’homme considère parfois comme petits, secondaires ou moins importants, au point de les fouler du talon. Comme si les conséquences de la désobéissance n’était pas si grave.

Ekev commence par une promesse de bénédiction. Si Israël avance avec  les ordonnances de Dieu, s’il les garde et les met en pratique, Dieu demeurera fidèle à son alliance, il bénira le peuple, le protégera et lui donnera la victoire. La bénédiction apparaît donc sur un chemin.

Dans le désert, Dieu a formé la marche de son peuple. Moïse leur rappelle:

« Je t’ai conduit pendant quarante années dans le désert ; tes vêtements ne se sont point usés sur toi, et ton soulier ne s’est point usé à ton pied. »

Tant qu’Israël demeurait sous la direction de Dieu, ses pieds étaient gardés et sa marche pouvait continuer malgré la difficulté du chemin.

Puis Moïse décrit le bon pays : une terre de sources, de ruisseaux, de blé, d’orge, de vignes, de figuiers, de grenadiers, d’oliviers et de miel. Après les longues années du désert, les pieds d’Israël vont enfin se poser sur une terre fertile.

Mais le véritable danger commencera peut-être à cet instant.

Dans le désert, Israël pouvait perdre pied à cause du manque. Dans le pays, il risquera de perdre pied à cause de l’abondance. Il mangera, sera rassasié, bâtira de belles maisons, possédera des troupeaux, de l’argent et de l’or, puis il pourrait dire : « Ma force et la puissance de ma main m’ont acquis ces richesses. »

Il pourrait alors regarder ses propres traces et croire qu’il est arrivé jusque-là par lui-même.

L’épreuve du désert consistait à avancer sans voir toutes les ressources nécessaires. L’épreuve de l’abondance consistera à continuer à marcher avec Dieu alors que les ressources seront visibles partout.

Le manque éprouve notre confiance, mais l’abondance éprouve notre mémoire.

C’est pour cette raison que Moïse demande au peuple de bénir Dieu après avoir mangé et après avoir été rassasié. 

« Lorsque tu mangeras et que tu seras rassasié, tu béniras l’Éternel ton Dieu pour le bon pays qu’il t’a donné. »

Cette bénédiction prononcée après le repas ne concerne pas seulement la nourriture. Elle enseigne une manière de vivre après avoir reçu.

Après le travail qui a porté du fruit, après la réussite, après les ressources acquises, après la porte qui s’est ouverte, se souvenir encore que c’est Dieu qui bénit.

La bénédiction prononcée après le rassasiement vient précisément combattre cette illusion.

Elle ne consiste pas seulement à remercier poliment Dieu avant de passer à autre chose. Elle replace toute chose dans son ordre véritable. Elle reconnaît que le don n’est jamais séparé de Dieu, que la capacité humaine elle-même vient de Lui.

Dans le désert, Israël dépendait visiblement de Dieu. Dans l’abondance, il devra choisir de continuer à dépendre de lui alors même que tout semblera désormais accessible.

La reconnaissance protège les pas, car elle empêche la bénédiction de devenir un détour.

Mais la vraie révélation de la promesse que Moïse prophétise c’est l’annonce du Messie Yeshoua car c’est cela le bon pays aux ressource infinies. Cette reconnaissance de bénir l’Eternel pour ce qu’Il nous donne. Cette prière joue un rôle essentiel dans la réussite de la vie.

Elle accompagne l’homme dans ses déplacements, ses décisions, son travail, ses conversations et les circonstances ordinaires de son existence.

Le texte de notre parasha mentionne cette phrase:

« Tout lieu que foulera la plante de votre pied sera à vous. »

Cette image du talon nous ramène jusqu’au jardin d’Éden, au moment où Dieu annonce au serpent :

« Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance ; celle-ci t’écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon. »

Le texte parle bien de la descendance de la femme, de son germe. Dans une lecture messianique, cette descendance conduit directement au Messie Yeshoua .

Depuis le commencement, le serpent cherche à atteindre le talon de l’homme. Il cherche à toucher le lieu de la marche, le point d’appui, ce qui permet d’avancer et de rester debout. Car un homme blessé au talon peut être ralenti, déséquilibré ou détourné de sa route.

Le serpent ne cherche pas seulement à faire souffrir l’homme ; il cherche à modifier sa direction. Et toute une vie peu être détourné de sa trajectoire si on s’éloigne des avertissements de Dieu.

Il veut que nous regardions ailleurs, que nous suivions une autre logique, que nous nous appuyions sur notre propre sagesse. Il ne peut pas toujours supprimer l’appel de Dieu sur une vie, alors il cherche à ralentir la marche, à blesser le talon ou à faire changer de direction.

Mais la prophétie de Genèse annonce qu’un jour, la descendance de la femme écrasera la tête du serpent.

Écraser la tête signifie atteindre l’autorité, la stratégie et le pouvoir de direction de l’ennemi. La tête du serpent représente cette pensée qui produit le mensonge, cette voix qui détourne et cette puissance qui voulait maintenir l’homme loin du chemin de la vérité.

Yeshoua ne vient donc pas seulement pardonner les pas qui se sont égarés. Il vient briser l’autorité de la voix qui les avait conduits dans la mauvaise direction.

Il remet nos pieds sur le bon chemin.

Il est lui-même le chemin, la vérité et la vie. Le Messie ne nous délivre pas seulement de notre passé ; il restaure notre marche.

C’est alors que le lien avec Ekev devient clair. Israël avait entendu Dieu, mais s’était détourné rapidement du chemin. Il avait fabriqué un veau d’or, suivi d’autres pensées et placé sa confiance dans ce qui était visible. Pourtant, Dieu lui donna de nouvelles tables, préserva ses pieds dans le désert et continua de lui dire : « Marche dans mes voies. » Mais les conséquences de leur mauvais choix fut un ralentissement vers la terre promise et des temps de vie sans bénédictions.

Le peuple s’est laissé détourné par simple peur de se retrouvé seul.

Préférant suivre ce qui est visible, même si c’était pas trés bien.

Au fil des siècles, beaucoup de systèmes ont cherché à détourner l’identité et l’autorité véritables de Yeshoua. Certaines constructions de la religion chrétienne l’ont séparé de ses racines juives, de la Torah, des prophètes et du peuple d’Israël, jusqu’à présenter parfois Jésus comme le fondateur d’une nouvelle religion étrangère à son propre peuple, alors qu’il est le Messie juif annoncé depuis le commencement.

D’autres pensées l’ont réduit à un simple maître de morale, à un prophète parmi d’autres, à un personnage historique dont on pourrait admirer les paroles sans reconnaître l’autorité. L’agnosticisme laisse sa véritable identité dans l’incertitude, tandis que le rationalisme tente de retirer tout ce qui relève du miracle, de la résurrection et de la victoire spirituelle. Les courants ésotériques ou New Age, transforment parfois le Messie en symbole solaire, en énergie universelle ou en « conscience christique », effaçant ainsi sa personne, son alliance et l’œuvre qu’il a réellement accomplie.

Mais Yeshoua n’est ni une invention religieuse, ni une philosophie, ni une énergie impersonnelle. Il est la descendance promise de la femme, le fils de David, le Messie d’Israël, celui qui a été envoyé pour écraser la tête du serpent et briser l’autorité des puissances qui détournaient l’homme de Dieu. Par Sa mort et Sa résurrection, il a dépouillé les dominations et les autorités, et il a ouvert de nouveau le chemin vers le Père.

Le monde a essayé de changer son identité, les religions ont parfois recouvert son visage, et les philosophies ont tenté de diminuer son autorité. Pourtant, Yeshoua demeure celui qu’il a déclaré être : le chemin, la vérité et la vie. Il ne vient pas seulement proposer une direction parmi d’autres ; il vient arracher nos pieds aux chemins du mensonge et les replacer dans la voie de Dieu.

La descendance de la femme annoncée dès le jardin d’Éden trouve son accomplissement en Yeshoua, le Messie promis, celui qui a écrasé la tête du serpent et brisé l’autorité du mensonge. Cette victoire lui appartient pleinement, mais tous ceux qui reconnaissent par la foi le Messie juif sont appelés à entrer dans cette victoire et à former un peuple messianique qui marche à sa suite.

Voilà aussi l’appel d’Ekev : ne plus tourner les talons à la voix de Dieu, ne plus laisser les pensées, les religions ou les systèmes de ce monde détourner nos pas, mais marcher dans les traces de Yeshoua. La véritable descendance messianique se reconnaît à sa marche : elle suit le chemin qu’il a ouvert, demeure attachée à la vérité qu’il a révélée et avance sous son autorité.

Reconnaître Yeshoua ne consiste pas seulement à entendre parler de lui, mais à choisir de marcher dans ses pas. On peut passer toute une vie près du chemin sans jamais y entrer réellement, connaître son nom sans se soumettre à son autorité, ou admirer ses paroles sans le reconnaître comme le Messie. Mais chaque choix entraîne une conséquence : marcher dans ses pas transforme notre direction, ramène notre cœur vers le Père et nous fait entrer dans l’accomplissement de la promesse. À l’inverse, refuser cette direction a aussi une conséquence : continuer à avancer à côté du chemin, même en croyant être proche de la vérité.

C’est pourquoi Ekev nous rappelle que chaque jour, nous avançons sous l’autorité de Dieu, qui veille sur notre vie, connaît nos besoins et dirige nos pas. Chaque instant vécu avec lui, chaque protection, chaque provision et chaque porte ouverte devient alors une bénédiction à reconnaître. La prière de reconnaissance prend ainsi une place essentielle dans cette parasha : elle ramène notre cœur vers la véritable source de ce que nous recevons et nous aide à choisir, jour après jour, le chemin que Dieu place devant nous. C’est dans cet esprit que nous pouvons maintenant lui adresser cette prière de remerciement :

Je bénis l’Éternel, mon Dieu, pour le bon pays qu’il m’a donné, car je reconnais que tout vient de Lui. C’est Lui qui me nourrit, me rassasie et me comble par Yeshoua, le Pain vivant.

Shabbat shalom

L . B

Lecture de la parasha: Deutéronome: Chapitre: 7 verset 12 à chapitre 11verset 25.

Lecture de la haftarah: Esaïe: Chapitre 49 verset 14 à chapitre 51 verset 3.

Lecture messianique: Mathieu: Chapitre 4 verset 1 à 11. Jacques:  Chapitre 5 verset 7 à 11.


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